RTFlash

Des ultrasons contre le cancer du cerveau

Des chercheurs français sont parvenus pour la première fois, grâce aux ultrasons, à rendre temporairement perméables des vaisseaux sanguins cérébraux chez des patients atteints d’une tumeur cérébrale maligne en récidive. Une méthode qui permet d’accroître la diffusion des traitements, notamment des chimiothérapies, dans le cerveau.

Aujourd’hui, le traitement des tumeurs cérébrales primitives malignes repose sur un acte neurochirurgical, suivi de séances de chimiothérapie et/ou radiothérapie. Ces traitements permettent une rémission de la maladie de durée variable selon les patients. En fait, la Barrière Hémato-Encéphalique (BHE), limite le passage et donc la diffusion des traitements dans le cerveau.

Devant ce constat, des équipes de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (APHP), de l’Université Pierre et Marie Curie, de l’INSERM et de la société CarThera ont lancé en juillet 2014 un essai clinique chez des patients en situation de récidive de tumeur cérébrale maligne. Objectif : perméabiliser la BHE, afin d’accroître la pénétration et la diffusion des traitements dans le cerveau.

Pour atteindre cette objectif thérapeutique, les chercheurs ont utilisé  un dispositif ultrasonore « SonoCloud ». « Implanté dans l’épaisseur du crâne. Ce système est activé quelques minutes avant l’injection intraveineuse du produit , ce qui permet de perméabiliser temporairement la BHE pendant 6 heures, permettant ainsi une diffusion de la molécule thérapeutique dans le cerveau 5 fois plus importante que d’ordinaire. »
 
Pour la première fois au monde, plusieurs « ouvertures » répétées de la BHE ont pu être observées chez les 20 patients traités. La tolérance est par ailleurs excellente : la technologie n’altère pas les neurones et la BHE se referme spontanément 6 heures après la perfusion intraveineuse.

Selon le Pr Alexandra Carpentier, neurochirurgien à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, « cette méthode novatrice offre un espoir dans le traitement des cancers du cerveau, mais aussi d’autres pathologies cérébrales, comme potentiellement la maladie d’Alzheimer, pour lesquelles les molécules thérapeutiques existantes peinent à pénétrer dans le cerveau. Cette technique doit continuer son processus d’évaluation pour envisager un passage en routine clinique dans quelques années ».

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash
 
WebMD 

Noter cet article :

 

Vous serez certainement intéressé par ces articles :

Recommander cet article :

back-to-top