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Graisses et sucres : le véritable ennemi est-il celui qu'on croit ?

Selon une vaste étude épidémiologique canadienne, dirigée par Mahshid Dehghan, de l'Université d'Hamilton (Canada) et présentée dans le cadre du dernier congrès de la Société européenne de cardiologie de Barcelone, un régime pauvre en lipides ne serait pas forcement bénéfique pour la santé et la consommation excessive de sucres augmenterait sensiblement la mortalité globale.

Leur étude (baptisée PURE, pour Prospective Urban Rural Epidemiological) a inclus plus de 135 000 personnes dans 18 pays sur les 5 continents, ayant des niveaux socio-économiques variés. Leurs habitudes alimentaires ont été enregistrées grâce à des questionnaires pendant plus de sept ans, en moyenne.

Premier constat : l'Asie du Sud-Est est la région du monde où la consommation de matières grasses est la plus élevée, suivie de près par l'Europe et l'Amérique du Nord et par le Moyen-Orient. Arrivent en fin l'Afrique et la Chine. Mais après avoir réparti les participants en 5 groupes en fonction de leur niveau de consommation de graisses, les chercheurs ont observé que ceux qui en consomment le moins ont une mortalité plus élevée. A contrario, le groupe des gros consommateurs de graisse a un risque de mortalité prématurée diminué de près d'un quart (23 %) par rapport aux plus petits.

Mais cette étude remet également en question une autre idée reçue et montre que les graisses saturées (présentes dans le beurre, le fromage, la charcuterie) sont associées à une baisse du risque de mortalité, certes moins marquée que les insaturées (graisses végétales et de poissons), mais tout de même significative.

« Si elles ont un effet sur la mortalité totale, les matières grasses, quelles qu'elles soient, n'influencent pas significativement le risque d'événement cardiovasculaire majeur ni la mortalité cardiovasculaire », ajoute Mahshid Dehghan. À l'opposé, les plus gros consommateurs de sucres ont une mortalité globale supérieure de 28 % à celle des consommateurs les plus modérés…

Cette étude recommande de revoir les recommandations actuelles, visant à limiter la consommation de lipides (pas plus de 30 % de l'apport calorique venant de matières grasses et pas plus de 10 % venant des graisses saturées) et Mahshid Dehghan estime même que, si l'on remplaçait 5 % de l'apport calorique venant des glucides par des acides gras polyinsaturés, on diminuerait la mortalité d'environ 12 %...

Article rédigé par Georges Simmonds

The Lancet

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