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Vers un test sanguin de détection précoce du cancer de l'ovaire

Des chercheurs australiens viennent d'élaborer un test sanguin qui parvient à détecter un biomarqueur des cellules ovariennes cancéreuses à tous les stades de la maladie, y compris précocement. Il permettrait de différencier les patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire, de volontaires-contrôle en bonne santé.

« Le cancer de l'ovaire est un cancer connu pour être difficile à détecter dans les premiers stades, au moment où il y a le plus d'options thérapeutiques possibles et où les taux de survie sont le plus élevés », rappelle le Professeur James Paton (Research Center for Infectious Diseases, University of Adelaide) dans un communiqué.

Pour rappel, actuellement, le meilleur biomarqueur du cancer de l’ovaire est l'antigène tumoral CA 125. On sait que les niveaux de CA 125 sont élevés, au moment du diagnostic, chez environ 80 % des patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire. Cependant, le biomarqueur est également présent en cas d’endométriose, de grossesse ou de kystes ovariens, notamment.

C'est pourquoi le dosage du CA 125 n’est approuvé que pour évaluer la réponse aux traitements et repérer la survenue d'une rechute. Aussi, les taux de CA 125 sont très bas et peu détectables aux stades précoces. Autant de raisons pour lesquelles il est primordial de rechercher de nouveaux biomarqueurs du cancer de l’ovaire.

Dans ce nouveau travail, les chercheurs se sont intéressés à l'acide N-glycolylneuraminique (Neu5Gc), une molécule qui est exprimée sur les glycanes des cellules cancéreuses alors qu’elle n’est pas présente de façon significative dans les cellules saines, ce qui en fait un potentiel biomarqueur du cancer. Afin de voir si Neu5Gc était un biomarqueur intéressant du cancer de l’ovaire, les chercheurs ont procédé en plusieurs étapes.

D’un côté, l'équipe australienne a recueilli le sérum de patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire de stades I à IV, ainsi que celui de volontaires non atteintes d'un cancer de l'ovaire et en bonne santé. En parallèle, les chercheurs ont manipulé une sous-unité d'Escherichia coli productrice de shigatoxines, qui peut reconnaître l'acide N-glycolylneuraminique (Neu5Gc) des glycanes des cellules. En manipulant cette lectine Neu5Gc-spécifique, appelée SubB2M, ils ont amélioré sa capacité à reconnaître des glycanes contenant le Neu5Gc. Ils ont ensuite utilisé la technique de résonance de plasmons de surface (SPR), une méthode qui mesure la liaison d'un "ligand" à un "récepteur", ici la liaison entre les glycanes et SubB2M.

« En utilisant notre lectine modifiée Neu5Gc-spécifique, SubB2M, nous avons montré, grâce à la SPR, que les taux de Neu5Gc étaient significativement plus élevés dans le sérum de patientes atteintes de cancer de l'ovaire au stade I, II, III C et IV », ont rapporté les investigateurs. Ces derniers ont aussi montré que les niveaux de Neu5Gc sont élevés dans la majorité des sérums issus de patientes aux stades I et II de la maladie. Au total, 9 des 12 échantillons correspondant à un cancer de l’ovaire de stades I et 7 des 11 échantillons correspondant à un cancer de l’ovaire de stade II présentaient un niveau de Neu5Gc plus élevé que les témoins.

Les chercheurs considèrent qu'au vu de leurs résultats, les antigènes tumoraux contenant Neu5Gc pourraient servir de marqueurs diagnostiques pour la détection des stades précoces et avancés du cancer de l'ovaire mais aussi comme biopsie liquide pour suivre la progression de la maladie et l’efficacité des traitements.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Medscape

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