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Utiliser les anomalies génétiques contre le cancer

Une équipe de scientifiques polonais dirigée par Jacek Jemielity, Joanna Kowalska et Edward Darzynkiewicz, travaille sur de nouvelles thérapies contre le cancer qui reposent sur la localisation des parties spécifiques de l'ADN qui en sont la cause.

Leur procédé permet de corriger le système d'information génétique sans risque d'altérer l'ADN du patient. Une technique jusqu'alors onéreuse, difficile mais également risquée. L'ADN compte environ vingt mille gènes qui fournissent les instructions pour la production des protéines, des enzymes et d'autres molécules. Cette information est transmise aux ribosomes de la cellule.

Ce sont des molécules spécifiques appelées ARNm (acide ribonucléique messager) qui transportent les consignes de l'ADN jusqu'à ces « usines à protéines ». Mais les ARNm étant des molécules très instables, elles sont souvent détruites par les enzymes et les protéines avant d'avoir transmis la moindre information aux ribosomes.

La thérapie proposée par l'équipe de chercheurs polonais repose sur la création d'une coiffe articielle de l'ARN messager. Pour stabiliser l'ARNm et lui permettre de jouer son rôle de messager, Jacek Jemielity et son équipe se sont concentrés sur les extrémités très fragiles de cette molécule, en les protégeant à l'aide de coiffes artificielles appelées coiffes 5'.

Pour cela, Ils ont enlevé un atome d'oxygène pour le remplacer par un atome de soufre, créant au passage cette fameuse coiffe synthétique. Un seul atome prélevé dans l'ARNm, qui en contient environ 80.000, ce qui a permis de le stabiliser. Il est ainsi devenu cinq fois plus efficace, tandis que sa durée de vie à l'intérieur de la cellule est trois fois plus longue. La clé pour développer des thérapies basées sur les ARN messagers.

Après avoir déposé son brevet en Europe en 2008, l'équipe forme un partenariat avec BioNTech, une entreprise spécialisée dans la thérapie génique, issue de l'Université de Mayence en Allemagne. Dès 2013, BioNTech commercialise la technologie basée sur l'ARNm stabilisé via des licences accordées à de grands acteurs de l'industrie pharmaceutique, comme le français Sanofi ou le californien Genentech. Depuis juillet 2017, BioNTech a lancé les premiers essais cliniques d'un vaccin anticancéreux personnalisé et basé sur l'ARNm.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Les Echos

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