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La roscovitine, une molécule aux multiples fonctions

Le biologiste Laurent Meijer est parvenu à isoler, à partir d’un œuf d’étoile de mer, des enzymes très intéressantes, les kinases. Ces enzymes jouent le rôle de messager de la cellule en assurant la distribution et le bon adressage des milliers de protéines qui y circulent. Notamment, ce sont elles qui régulent la division cellulaire et elles sont fréquemment impliquées dans le cancer.

En cherchant dans un répertoire de molécules pharmacologiques, Laurent Meijer et le chimiste Hervé Galons (université Paris-Descartes), tous deux cofondateurs de la start-up Manros Therapeutics (en l’honneur de Manhattan et Roscoff), ont identifié une molécule de synthèse qui bloque l'action de ces kinases et qu’ils ont un peu modifiée pour obtenir la roscovitine.

Cette dernière, qui a été brevetée, fait actuellement l’objet d’essais cliniques, à l’étranger, contre certains cancers (poumon, nez et pharynx), la maladie de Cushing (tumeur des glandes surrénales), et la polyarthrite rhumatoïde (maladie auto-immune s’attaquant aux articulations). Enfin, la roscovitine est aussi active contre la formation de kystes dans les reins.

Ces recherches ont également montré que la roscovitine avait un effet antibactérien. D’où l’idée de l’utiliser pour "lutter contre les bactéries qui, souvent, infectent les patients atteints de mucoviscidose, une maladie génétique rare où bronches et tube digestif sont encombrés de mucus, un milieu favorable aux bactéries pathogènes", explique Laurent Meijer. La roscovitine n’agit pas directement, mais stimule le système immunitaire contre les bactéries, cause majeure de mortalité.

La roscovitine a déjà fait l’objet de tests précliniques chez l’animal. Depuis avril 2016, elle est évaluée sur 36 patients, dans un essai clinique multicentrique de phase II (mesure de la tolérance, des effets bénéfiques et secondaires) souffrant de mucoviscidose et infectés depuis longtemps par une bactérie.

"La roscovitine est vraiment intéressante car elle s'attaque à la mucoviscidose par plusieurs voies", explique le Docteur Gilles Rault, du Centre de ressources et de compétences sur la mucoviscidose (CRCM), à Perharidy (fondation Ildys), qui coordonne cette étude nationale. Elle « corrige » en partie la principale mutation génétique responsable de la mucoviscidose, renforce les capacités bactéricides des patients, agit comme un anti-inflammatoire et un antidouleur.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

La Croix

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