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A la recherche d'un médicament contre le cancer au fond de l'océan

Le remède au cancer se cache-t-il dans les profondeurs océaniques? C'est en tout cas ce qu'espèrent une équipe de scientifiques américains qui plongent chaque année dans l'Atlantique et la mer des Caraïbes pour trouver de rares éponges. Les chercheurs de l'Institut océanographique de Harbor Branch (HBOI) récoltent des centaines de nouveaux spécimens d'éponge tous les ans. Ils espèrent qu'au moins l'un d'entre eux sera efficace contre les cellules cancéreuses qu'ils cultivent en laboratoire. Mais ils ont aussi appris à être patients. En 18 ans, seulement une éponge trouvée par la HBOI est apparue suffisamment prometteuse pour susciter l'intérêt d'un laboratoire pharmaceutique: un composé appelé Discodermalide a été découvert dans l'animal et a stoppé la reproduction de cellules cancéreuses lors de tests préliminaires. En 1990, la firme l'a breveté. La HBOI concentre ses recherches sur les éponges marines, car elles sont immobiles et développent des substances chimiques pour repousser les prédateurs, souligne Amy Wright, une responsable de l'institut. Une demi-douzaine de centres américains cherchent des remèdes contre le cancer dans le milieu marin, dont la HBOI qui est de son côté spécialisée dans les plongées profondes. L'institut possède trois submersibles, qui sont mis à l'eau à partir de ses navires de recherche, pour mener des investigations jusqu'à 900 mètres de fond. Les équipes de chercheurs restent habituellement en mer pendant deux à trois semaines en menant chaque jour des explorations sous-marines. Elles recherchent tout ce qui sort de l'ordinaire. Les scientifiques ont ainsi découvert l'éponge qui a produit le Discodermalide à seulement 150 mètres de profondeur lors d'une plongée dans les Caraïbes. Les échantillons collectés par les submersibles sont stockés dans un grand congélateur sur le navire de recherche. Une fois de retour à Harbor Branch, les chercheurs utilisent les spécimens pour produire des extraits, qui sont testés sur des cellules cancéreuses dans des éprouvettes. Si le taux de réussite est d'au moins 50% de cellules tuées, l'échantillon est soumis à des expérimentations supplémentaires qui, dans la grande majorité des cas, ne donnent pas de résultats satisfaisants. Le géant suisse pharmaceutique Novartis Pharma travaille à la mise au point d'un médicament à partir du Discodermalide. Des tests montrent qu'à de faibles concentrations, le composé est au moins aussi efficace que le Taxol, un des médicaments anti-cancer les plus répandus, souligne Mme Wright. L'Institut américain du cancer (NCI) estime qu'environ 65% de tous les médicaments contre le cancer viennent du milieu marin et des végétaux, notamment de l'écorce, des racines, des feuilles et des fruits. Le Taxol a ainsi pour origine l'écorce d'ifs du Pacifique. Mais il faut souvent des milliers de tests pour trouver une piste prometteuse. Gordon Cragg, un responable du NCI, estime qu'entre 1960 et 1982, son institut a collecté 35.000 échantillons de végétaux et produit 114.000 extraits pour des tests contre le cancer. Seulement deux extraits ont produit des pistes "intéressantes".

AP : http://fr.news.yahoo.com/030116/5/2y0hk.html

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