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Réchauffement climatique : un troisième rapport des experts scientifiques de l'ONU

Les experts scientifiques de l'ONU estiment que la communauté internationale dispose d'ores et déjà de "centaines de technologies" qui pourraient contribuer à lutter contre le réchauffement planétaire, dans un nouveau rapport publié le 5 mars à Accra. Encore doit-on, expliquent-ils, agir vite pour assurer la rentabilité de ces nouvelles technologies, qu'il s'agisse d'énergies propres ou de technologies réduisant la consommation d'énergies fossiles polluant l'atmosphère (charbon et pétrole notamment) de l'industrie ou des voitures. Cependant, écrivent-ils, le "high tech" ne suffira pas et ce d'autant moins que l'on développeraces nouvelles technologies tardivement. Il faudra aussi prendre des mesures de politique énergétique qui pourraient aller jusqu'à bouleverser les modes de vie. Les pays développés risquent d'avoir à prendre dans les prochaines décennies de nouveaux engagements quantifiés de réduction de leurs rejets de dioxyde de carbone (CO2) et autres gaz réchauffant la planète, après ceux qu'ils ont déjà pris en 1997 dans le cadre du protocole de Kyoto. Et les pays en développement, laissent-ils entendre, devront eux aussi à plus ou moins brève échéance ralentir la croissance de leurs émissions polluant l'atmosphère. C'est le troisième rapport publié depuis le 22 janvier par l'IPCC, le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC en français) qui rassemble 3.000 spécialistes des changements climatiques sous l'égide de l'ONU. Dans le premier, les experts avaient prédit que la hausse du thermomètre au 21ème siècle serait beaucoup plus élevée (1,4 à 5,8C) qu'imaginé encore il y a cinq ans. Dans le second, publié le 19 février, ils décrivaient les catastrophes écologiques et économiques prévisibles à l'horizon 2100 si rien n'était fait. Dans le nouveau document, intitulé "changement climatique: atténuation", ils expliquent aux politiques, qui doivent reprendre en juillet leurs négociations sur les moyens d'appliquer le protocole de Kyoto, les différents moyens d'actions qui sont à leur disposition et leurs coûts respectifs. Voici les principales données du 3ème rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat ( IPCC ):

-# "Des centaines de technologies" existent pour améliorer l'efficacité énergétique dans les bâtiments, les transports et les processus de production industriels. Si des mesures étaient prises pour rendre ces technologies rentables, elles contribueraient pour 50% à la réduction des émissions de carbone (gaz carbonique -CO2- et autres gaz à effet de serre - GES) d'ici 2010 "à un niveau proche, voire même inférieur à celui de 2000" et d'ici 2020 "à un niveau encore plus bas".

-# La moitié de la croissance prévisible des émissions entre 2000 et 2020 pourrait être évitée à un coût maximum de 100 dollars par tonne de carbone. L'autre moitié pourrait être évitée à un "coût négatif", compte tenu des bénéfices engrangés simultanément dans d'autres domaines, par exemple en matière de qualité de l'air.

-# La lutte contre le réchauffement "pose un problème important d'équité" entre pays du Nord et du Sud, mais tous les scénarios de stabilisation de la concentration des GES dans l'atmosphère impliquent un ralentissement de la croissance prévisible des émissions dans "toutes les régions" (et donc aussi dans les pays en développement, ndlr).

-# Ces scénarios exigent le recours, le plus rapide possible, aux nouvelles technologies et aux approvisionnements énergétiques peu polluants.

-# Le remplacement des énergies fossiles par l'énergie tirée des végétaux (biocarburants par exemple) et le remplacement de certains matériaux gourmands en énergies fossiles (métaux et plastiques) par le bois faciliteront la tâche.

-# L'utilisation des centrales nucléaires et l'extension de leur durée de vie contribuent aussi à assurer des approvisionnements énergétiques peu émetteurs de GES.

-# Forêts et sols agricoles, où arbres et végétaux en état de croissance "puisent" du CO2 dans l'atmosphère et le "stockent", offrent "un potentiel élevé" de limitation des émissions de GES, de l'ordre de 100 milliards de tonnes de carbone sur 50 ans, soit 10 à 20% des émissions cumulées 2000-2050 dues aux combustibles fossiles.

Le potentiel ainsi chiffré n'inclut que les projets visant à préserver forêts et sols et à faire de nouvelles plantations d'arbres dans les pays du Nord et du Sud. Selon Bill Hare, directeur climat de Greenpeace, il permettrait aux pays du Nord de respecter les engagements de réduction d'émissions pris dans le cadre du protocole de Kyoto uniquement avec des projets forestiers et agricoles.

-# Diminuer les émissions de GES en réalisant des projets forestiers et agricoles coûtera entre O,1 et 20 dollars la tonne de carbone dans les pays "tropicaux" (en développement) et entre 20 à 100 dollars la tonne dans les pays "non-tropicaux" (développés).

-# L'usage des mécanismes prévus par Kyoto pour faciliter le respect des quotas d'émissions (échanges de permis d'émission, investissements dans des technologies propres à l'étranger) sera bénéfique pour les pays du Nord comme du Sud.

-# Les échanges de permis à l'échelle internationale sans restriction permettront aux pays riches de diminuer de moitié le coût de Kyoto. Ces pays consacreront à Kyoto en 2010 avec de tels échanges entre 0,1% et 1,1% de leur PIB (produit intérieur brut), entre 0,2% et 2% dans le cas contraire.

-# Les mécanismes "sont importants dans certains pays" pour maîtriser des coûts élevés de respect du protocole et "peuvent être complémentaires des politiques nationales".

Recherche :

http://www.larecherche.fr/environnement/010305153408.ovfxeipi.html

IPCC : http://www.rivm.nl/env/int/ipcc/

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