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Le réchauffement climatique pourrait être dévastateur pour l'économie mondiale

Le réchauffement de la planète aura des répercussions économiques aussi dévastatrices que les deux guerres mondiales ou la crise de 1929 si l'on ne fait rien pour l'endiguer, estime un rapport officiel britannique rédigé par l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale Nicholas Stern. Ce rapport affirme cependant que le monde peut concilier protection de l'environnement et croissance économique.

Lors de la présentation de ce document consacré à l'impact économique du réchauffement de la planète, le Premier ministre Tony Blair a souligné que les preuves scientifiques de l'existence de ce phénomène étaient "accablantes". Il a estimé que, si rien n'est fait, le changement du climat pourrait coûter chaque année à l'économie mondiale entre 5 et 20 % de son produit intérieur brut (richesse produite).

Dans la pire hypothèse, celle d'une hausse de 3 à 5°C, l'humanité se retrouvera avec une facture salée de 5,5 trillions d'euros (crise industrielle classique, hausse des budgets santé et surréchauffement que pourrait entraîner une hausse subite des températures) à laquelle il faut ajouter un coût humain dramatique. 200 millions de « réfugiés climatiques » devraient quitter leurs maisons à la suite d'inondations causées par la montée des océans, de sécheresses, de tempêtes de plus en plus fréquentes et violentes. 40 % des espèces animales seraient également vouées à disparaître.

M. Blair a donc préconisé "une action courageuse et déterminée" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial et enrayer ainsi le changement climatique. Sir Nicholas Stern a calculé que des politiques de réduction de l'émission de ces gaz coûteraient environ 1 % du PIB mondial chaque année. "C'est gérable", a-t-il dit, affirmant que le monde à la fois défendre son environnement et sa croissance. "On peut grandir et rester vert."

L'économiste suggère de créer un marché mondial du CO2, qui fixerait les prix d'émissions, et d'élargir à la Chine et aux Etats-Unis le système européen d'échange de quotas d'émission, afin de viser pour 2050 une diminution de 60 % des rejets de dioxyde de carbone dont les pays riches assumeraient jusqu'à 80 % des efforts. Concrètement les importations de fruits exotiques pourraient être surtaxées : le transport d'un kilo de kiwis, importés de Nouvelle-Zélande en Europe, rejetterait 5 kg de carbone dans l'atmosphère !

Toujours pour aider les pays en voie de développement à s'adapter, la Banque Mondiale assistées d'autres institutions financières instaurerait un fond de 20 milliards de dollars. Le Brésil, la Papouasie Nouvelle-Guinée et le Costa-Rica seraient encouragés à entreprendre des opérations de reforestation. Cette stabilisation des émissions de gaz à effet de serre, si elle est entreprise dès aujourd'hui, n'utilisera que 1 % du PIB mondial annuel et pourrait rapporter dans cinquante ans 2 500 milliards de dollars de profit avec tous les créations d'emploi, entreprises, transferts de savoir que rapporteront les technologies vertes.

Cette approche économique fait du rapport de Sir Nicholas Stern un rapport novateur. Pour la première fois, les dégâts du réchauffement climatique sont analysés en des termes économiques et non humanitaires et écologiques.

Stern préconise un changement vers une "économie mondiale économe en carbone" grâce à la mise en place de taxes ou de mesures de contrôle des gaz à effet de serre. Il demande également de mettre un terme à la déforestation, de soutenir le développement des énergies propres et les capacités de stockage des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que de limiter le recours aux transports.

Tony Blair et son chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances) Gordon Brown, qui a commandé le rapport, ont souligné que la lutte contre le réchauffement climatique ne pourrait pas se mener sans l'implication des grands pays industriels comme la Chine et les Etats-Unis. Cette position tranche avec celle de Washington, où l'attentisme prévaut alors même que l'Amérique est de loin le plus gros producteur du monde de gaz à effet de serre.

Blair s'est déjà nettement démarqué de la politique environnementale de son allié américain. Il a affirmé que la Grande Bretagne conduirait le mouvement de lutte contre l'effet de serre par l'instauration d'une économie à la fois favorable à la croissance et à l'environnement. Son secrétaire à l'Environnement David Miliband a annoncé dans la foulée la préparation d'une loi visant à réduire les émissions britanniques de carbone de 60 % d'ici à 2050.

Le successeur potentiel de Tony Blair, Gordon Brown, a suivi le mouvement en annonçant que l'ancien vice-président américain Al Gore, ardent défenseur de l'environnement, conseillerait désormais le gouvernement britannique sur les questions écologiques.

Rapport Stern

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