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Un premier médicament pour traiter les « polluants éternels » dans le sang

Un essai clinique au Danemark vient de montrer qu'un simple traitement contre le cholestérol à l'aide de colestyramine, une résine basique synthétique échangeuse d'ions possédant une forte affinité pour les acides biliaires, pouvait réduire sensiblement le niveau de "polluants éternels" dans le sang. En seulement trois mois, un médicament a permis de réduire de 60 % la concentration de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) dans le sang d’une vingtaine de sujets. Soit vingt fois plus vite que le corps est capable de les éliminer sans autre forme d’intervention.

Il n’existe à ce jour aucune solution pour faire baisser les taux de PFAS qui se sont introduits dans le corps humain. Or leurs effets sur la santé sont aussi nombreux que potentiellement graves. Liée à certains cancers (rein, testicules, foie, pancréas, utérus), à des perturbations des systèmes hormonaux et immunitaires, ou encore à des problèmes cardiovasculaires et des troubles de la fertilité, la famille des PFAS – 14 000 membres au bas mot – constitue une menace ubiquitaire pour l’espèce humaine.

Extrêmement persistants dans l’environnement où une myriade d’activités industrielles et d’usages antiadhésifs, déperlants ou antitaches les ont dispersés depuis leur invention à la fin des années 1940, les PFAS sont de ce fait une source d’exposition permanente. En 2019, le programme français de biosurveillance Esteban détectait des PFAS dans le sérum de la totalité de la population étudiée.

Mené à l’hôpital universitaire de Holbaek, au Danemark, l’essai clinique ciblait des adultes vivant à Korsor, une ville portuaire identifiée comme l’un des principaux "hotspots" de contamination identifiés en Europe. En 2021, des concentrations élevées de deux PFAS, le PFOS et le PFHxS, étaient relevées dans du bétail paissant en contrebas d’un centre de formation à la lutte contre les incendies dont les mousses antifeu contenaient des PFAS. La majorité des 180 personnes concernées présentent des taux de PFOS largement supérieurs à ceux de la population danoise.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Science Direct

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