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Paro, un robot-bébé phoque pour les malades d'Alzheimer

L'équipe de gérontechnologie du Pr Anne-Sophie Rigaud, à l'hôpital Broca (Paris), vient d'expérimenter le robot phoque Paro auprès de personnes âgées atteintes d'une maladie Alzheimer à un stade sévère. Le Quotidien du médecin a assisté aux premières rencontres entre ce petit animal très doux, qui plisse les yeux et remue la queue quand on lui gratte le cou, et les patients. Pris dans les bras, il émet un petit son proche du cri du bébé phoque.

En inclinant la tête et en regardant les personnes droit dans les yeux, il donne l'impression qu'il les reconnaît, ce qui les rend heureuses. Les résultats sur la communication et le bien-être de ces patients semblent donc réels, même s'ils doivent être confirmés par des études.

Paro est né au Japon, des mains de Takanori Shibata, il y a une bonne dizaine d'années. Il y est utilisé dans les maisons de retraite et certaines familles japonaises (de tout âge) l'auraient même adopté comme animal de compagnie. Il a vite intéressé l'équipe du pôle Broca du Centre mémoire de ressources et de recherche sud Ile-de-France, dirigé par le Pr Anne-Sophie Rigaud, qui se penche sur l'usage des nouvelles technologies comme solution de diagnostic et d'aide à la prise en charge.

"Elles fournissent des thérapies cognitives, en tout cas peuvent jouer le rôle de prothèse cognitive. Elles peuvent favoriser le lien social, prévenir de certains risques domestiques ou encore soulager les aidants", explique au Quotidien du médecin le Pr Rigaud, qui a voulu tester les talents de Paro chez des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. "Nous savons que les thérapeutiques non médicamenteuses sont très importantes en complément des médicaments. Elles sont d'ailleurs recommandées par la Haute Autorité de santé", précise Anne-Sophie Rigaud.

Les chercheurs essayent des solutions, à tâtons, en butant sur la difficulté d'évaluer leur efficacité, à la différence d'un médicament qu'il est possible de comparer à un placebo. Pour eux, l'animal réel - voire le robot - pourrait devenir un confident. L'usage du robot-chien Aibo et du robot-chat Necoro, tous deux nippons, a amélioré la verbalisation, la communication, la qualité de vie de personnes âgées malades. Et le concepteur de Paro a choisi le bébé phoque, animal moins familier, pour éviter la déception de certains patients qui ne retrouvaient pas chez le robot les comportements naturels d'un chien ou d'un chat.

LP

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