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Le pancréas artificiel de Diabeloop démontre son efficacité

Depuis une vingtaine d’années, le nombre de personnes atteintes de diabète de type 1 ne cesse d'augmenter, au rythme de 3 à 4 % par an. Cette maladie est très handicapante car les personnes souffrantes doivent constamment surveiller leur taux de sucre dans le sang. C'est justement cet aspect que l'entreprise grenobloise Diabeloop a voulu transformer en créant DBLG1, un dispositif intégrant un algorithme capable de calculer précisément la quantité d'insuline nécessaire à injecter. Le service d’endocrinologie, gynécologie et diabétologie pédiatrique de l’hôpital Necker-Enfants malades et de l'Université de Paris a évalué l’efficacité et la sécurité de ce dispositif chez 21 enfants âgés de 6 à 12 ans souffrant de diabète de type 1. Le DBLG1, une sorte de pancréas artificiel, réunit trois dispositifs : un terminal, sur lequel est exécuté un système d'apprentissage automatique, une pompe à insuline et un système de capteur de glucose continu pour adapter le débit d'insuline envoyé par la pompe. Toutes les cinq minutes, l'algorithme analyse les données médicales du patient, permettant de déterminer la quantité optimale d'insuline à injecter. Le dispositif prend également en compte les informations externes rentrées par l'utilisateur, tels que les repas ou l'activité physique.

Le DBLG1 a reçu le marquage CE en 2018 puis a été inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables par l'Assurance maladie en septembre 2021. La prise en charge est limitée aux patients diabétiques de type 1 adultes dont l'équilibre glycémique préalable est insuffisant en dépit d'une insulinothérapie intensive conduite par perfusion sous-cutanée continue d'insuline (pompe externe) pendant plus de 6 mois et d'une autosurveillance glycémique pluriquotidienne. Dans le cadre de l'étude française, les patients ont été assignés aléatoirement à un système de boucle fermée hybride ou à un système de boucle ouverte sans accessoire de commande avec algorithme. Une phase de 72 heures à l'hôpital a été suivie par une phase à domicile de six semaines. Après une période de retour au traitement antérieur, les patients ont été assignés à l'autre traitement.

Les chercheurs ont relevé que le pourcentage de temps passé en hypoglycémie était significativement abaissé avec le système de boucle fermée (2,04 %) en comparaison avec le système de boucle ouverte (7,06 %). Cette amélioration du temps passé en hypoglycémie s'est accompagnée d'une amélioration du temps passé dans "la cible glycémique optimale" (70 - 180 milligrammes de glucose par décilitre de sang). De plus, aucun épisode d’acidocétose, d’hypoglycémie sévère n’est survenu. Les événements indésirables étaient essentiellement des problèmes techniques liés au traitement, notent les scientifiques. L'étude conclut que le DBLG1 permet de réduire les épisodes d'hypoglycémie et permet un bon équilibre glycémique chez les enfants prépubères dans des conditions de vie réelle. Ces résultats montrent que l'équilibre du diabète pourrait être amélioré avec cette boucle fermée, en toute sécurité, se réjouissent les auteurs de l'étude.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

The Lancet

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