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Le monopole du savoir, nouvelle arme des pays les plus riches, selon le PNUD

LE PNUD constate que le monde est devenu plus prospère et qu'il favorise une plus grande intégration et " une nouvelle ère d'interactions " entre les pays, les économies et les individus. Mais beaucoup de pays sont loin de tirer leur épingle du jeu dans une économie mondiale de plus en plus dominée par l'accès au savoir et l'échange d'informations et de moins en moins par la possession de matières premières. Tel est le message central du rapport annuel du PNUD (Rapport mondial sur le développement humain), rendu public lundi 12 juillet. " L'abolition de l'espace, du temps et des frontières crée certes un village mondial, mais tous les individus ne peuvent pas en faire partie... pour des milliards d'êtres humains, les frontières sont toujours aussi infranchissables ", souligne le rapport du PNUD. Un exemple : " En 1996, on dénombrait moins d'un téléphone pour cent habitants au Cambodge. A Monaco, en revanche, le taux d'équipement atteignait 99 % des habitants. " Les nouveaux outils de la mondialisation (réseaux numériques, satellites, liaisons Internet, fibres optiques, téléphone mobile) offrent de nouvelles opportunités : " Les cyber-communautés naissantes... lancent des débats et suscitent des réactions instantanées, donnant une voix, donc une influence, à ceux qui étaient naguère réduits au silence sur la scène internationale ", peut-on lire dans le rapport." Grâce à l'apprentissage à distance, par le biais des téléconférences et de plus en plus d'Internet, les hôpitaux et les écoles des pays en développement ont désormais la possibilité d'accéder aux informations essentielles qui leur font défaut ", écrivent les experts du PNUD. Mais il ne faut pas être victime d'une illusion d'optique : dans un pays comme l'Afrique du Sud, pourtant à la pointe des évolutions sur ce continent, " de nombreux hôpitaux et 75 % des établissements d'enseignement n'ont pas de ligne téléphonique ". Mais les progrès liés aux évolutions technologiques en cours sont répartis inégalement entre les pays. Les frontières de la " planète Internet " correspondent grosso modo à celles des pays les plus riches, autrement dit, les 29 pays membres de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Avec 19 % de la population mondiale, les pays de l'OCDE comptent 91 % des utilisateurs d'Internet. Plus de 50 % des utilisateurs d'Internet se trouvent aux Etats-Unis, qui ne représentent pourtant que 5 % de la population mondiale. Des clivages croissants se creusent entre les populations " connectées " et celles qui ne le sont pas. Les éléments discriminants sont multiples : " Le prix d'achat d'un ordinateur équivaut en moyenne à plus de huit ans de salaire au Bangladesh, contre à peine un mois aux Etats-Unis ", écrit le PNUD. Quant au contenu, pas de surprise : " 80 % des sites web ne reconnaissent que l'anglais, alors que moins d'une personne sur dix maîtrise cette langue dans le monde. " Comment " trouver des financements supplémentaires afin de mettre la révolution de l'information au service du développement humain " ? Le PNUD propose d'instaurer une sorte de prélèvement sur les réseaux (une " taxe sur les bits ") pour en utiliser les bénéfices au profit des plus pauvres.

Le Monde : http://www.lemonde.fr/article/0,2320,seq-2031-15215-QUO,00.html

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