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L'intimidation précoce peut fragiliser la santé mentale des adultes

Une étude du Centre d'études sur le stress humain (CESH) de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine de Montréal a montré que des personnes ayant subi des menaces et intimidations pendant leur jeunesse risquaient une perturbation de l'expression de leurs gènes régulant l'humeur, ce qui expose ces personnes à des risques accrus de pathologies psychiatriques et mentales en vieillissant.

L'étude a permis de mieux comprendre les mécanismes complexes qui déterminent de quelle façon les expériences traumatisantes perturbent notre réponse à une situation stressante. Ces recherches montrent que, deux ans avant la diminution du niveau cortisol (qui est constatée vers l'âge de 12 ans), on observe une altération du gène (SERT) qui régule la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l'humeur et la dépression.

Pour réaliser leurs travaux, les chercheurs ont réalisé des observations et analyses sur 28 paires de jumeaux identiques âgés en moyenne de 10 ans. A chaque fois, l'un des jumeaux mais pas l'autre, avait subi des intimidations à l'école.

Comme ces vrais jumeaux vivent dans le même milieu familial, la modification de l'expression génétique impliquée dans le stress est probablement liée aux traumatismes et menaces subis à l'école. Il reste cependant à savoir si ces effets sont réversibles, auquel cas une prise en charge et un accompagnement psychologique approprié en milieu scolaire pourraient permettre d'éviter cette fragilité psychologique et mentale à l'âge adulte.

Comme le souligne Isabelle Ouellet-Morin, qui a dirigé ces recherches, « Nos gènes ne sont pas immuables et cette étude montre à quel point notre environnement peut influer sur leur fonctionnement. Cela est particulièrement vrai dans les cas de stress traumatique pendant l'enfance qui va non seulement modifier notre réponse au stress mais va également modifier l'expression des gènes contrôlant la régulation de l'humeur ».

Dans ses précédentes recherches, Isabelle Ouellet-Morin avait montré que les enfants ayant subi des menaces et intimidations produisaient des niveaux plus faibles de cortisol - l'hormone du stress -, mais étaient beaucoup plus sujets à des réactions agressives et à des conduites asociales.

Article rédigé par Elisa Tabord pour RT Flash

Université de Montréal

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