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L'Homme émet cent fois plus de CO2 dans l'atmosphère que les volcans…

L'Homme n'est pas seul à émettre du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. La Terre elle-même en relâche depuis ses entrailles, à chaque éruption, crachant dans les airs un cocktail de gaz toxiques à effet de serre. Parmi eux, le CO2, dont l'accumulation en fait aujourd'hui le premier coupable du dérèglement climatique. Aussi puissantes soient-elles, ces émissions naturelles venant de volcans dévastateurs sont pourtant loin, très loin, de rivaliser avec celles des activités humaines. C'est l'une des conclusions d'un nouveau rapport publié récemment par le projet scientifique international Deep Carbon Observatory (DCO), mené depuis une décennie.

« Nous avons réévalué les données historiques et surtout tenu compte de nombreuses nouvelles mesures permises par des suivis au sol et par satellites en temps réel », explique le vulcanologue émérite Patrick Allard (IPGP/CNRS). Les 1 500 volcans terrestres inventoriés et ceux sous les océans - encore plus nombreux et très mal connus - représentent au total de 280 à 360 millions de tonnes de CO2 rejetées chaque année dans l'atmosphère.

Or les activités humaines, par la combustion d'énergies fossiles, l'usage des terres et les industries, en injectent quant à elles 37 milliards de tonnes (Gt). « Autrement dit, nous sommes cent fois plus pollueurs que tous les volcans, ce qui montre toute la folie de l'humanité », résume le chercheur. « Par le passé, la Terre a déjà connu des oscillations de concentration de ce gaz, mais nos activités provoquent un changement de ce taux, et donc des températures, de 100 à 200 fois plus rapide que la nature n'a jamais fait. On casse la vitesse des cycles naturels de la planète ».

Pour parvenir à une telle conclusion, les chercheurs ont étudié, depuis 2012, ce qu'ils appellent le cycle du carbone profond. « C'est un cycle qui est couplé à celui en surface, celui de la végétation et des océans, par l'intermédiaire de la tectonique des plaques », détaille son confrère Pierre Cartigny (IPGP/CNRS). Il influe lui aussi sur le climat, en capturant du CO2 atmosphérique en deux temps : d'abord, la vie océanique (essentiellement le plancton) le piège sous forme de matière organique et de coquilles calcaires qui finissent par se déposer au fond. Ensuite, la tectonique des plaques fait retourner ce carbone sédimenté dans le manteau terrestre.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Deep Carbon Observatory

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