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Hépatite C : vers une nouvelle ère thérapeutique

Deux nouveaux inhibiteurs de protéase, le boceprevir et le telaprevir, devraient profondément modifier la prise en charge des hépatites C à virus de génotype 1. Le New England Journal of Medicine publie simultanément deux études pivots concernant le  boceprevir. Il s’agit d’un inhibiteur compétitif de la protéase non structurelle NS3 des virus de l’hépatite C (HCV) de génotype 1 (le produit est inactif sur les autres génotypes). Ce nouvel antiviral ne peut être utilisé qu’en association avec le traitement recommandé aujourd’hui par peg-interféron et ribavirine, dans la mesure où, seul, il induit rapidement l’émergence de virus résistants. L’adjonction de boceprevir au traitement par peg-interféron et ribavirine a été testée dans deux situations cliniques différentes.

Dans l’étude SPRINT-2, après une phase préliminaire de traitement de 4 semaines par peg-interféron et ribavirine, 1 097 patients souffrant d’infection à HCV de génotype 1, ont été randomisés en double aveugle en 3 groupes assignés à des traitements par :

- peg-interféron et ribavirine durant 44 semaines (contrôle) ;

- le même protocole associé à du boceprevir (800 mg 3 fois par jour) durant 24 semaines, suivi de 20 semaines de peg-interféron et de ribavirine chez les sujets ayant encore une charge virale détectable ;

- l’association peg-interféron, ribavirine, boceprevir durant 44 semaines.

Sachant que les sujets noirs répondent moins bien à l’association peg-interféron/ribavirine que les autres, les résultats ont été analysés en fonction du groupe ethnique des patients (déterminé par les sujets eux-mêmes). Cette moindre efficacité de l’interféron chez les sujets noirs serait due pour partie à une moindre fréquence d’un polymorphisme génétique associé à une bonne réponse à l’interféron (IL28B). Chez les patients « non noirs » le pourcentage de réponse virologique prolongée est passée de 40 % dans le groupe contrôle à 67 % et 68 % dans les groupes boceprevir (p<0,001). Chez les patients se considérant comme noirs ces pourcentages ont été respectivement de 23 %, 42 % et 53 % (p=0,004). L’addition du boceprevir au traitement standard améliore donc les résultats virologiques de façon hautement significative chez les sujets infectés par un HCV de génotype 1 et ce quelle que soit l’ethnie des patients. Une durée de 24 semaines de traitement par boceprevir semble à peu près équivalente en terme d’efficacité à une durée de 44 semaines.

L’étude HCV RESPOND-2, avec un schéma proche, a inclus 403 patients en échec thérapeutique (rechute ou absence de réponse) après un traitement par peg-interféron et ribavirine. Les taux de réponses virologiques prolongées ont été de 21 % dans le groupe contrôle (peg-interféron/ribavirine) et de 59 % et 66 % dans les groupes ayant reçu également du boceprevir (pendant une durée fonction du résultat virologique ou fixe) (p<0,001).  Là encore l’association peg-interféron-ribavirine-boceprevir améliore donc très significativement les résultats virologiques.

JIM

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