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Gènes maternels et paternels ne sont pas à égalité

En dépit des défenseurs de l'égalité des sexes, la transmission des caractères héréditaires de deux parents à leur progéniture n'est pas de même nature. Lors de la conception d'un embryon, les gènes de la mère, contenus dans l'ovule, et ceux du père, provenant du spermatozoïde, se combinent pour former un nouveau génome.

Mais, contrairement à une idée reçue, leur répartition n'est pas forcément homogène, et certains gènes gardent en quelque sorte une "mémoire" de leur origine paternelle ou maternelle : c'est ce que l'on appelle "l'empreinte génomique".

Jusque-là, les biologistes considéraient que ces effets ne concernaient tout au plus qu'une centaine de gènes. Deux études récentes menées par l'équipe de Catherine Dulac - l'une de nos meilleures généticiennes formée en France et exilée à Harvard (Etats-Unis ) - révèlent l'étendue de l'empreinte génomique dans l'activité des gènes du cerveau de souris des deux sexes, au stade embryonnaire et chez l'adulte.

Les chercheurs ont ainsi repéré plus de 1300 gènes présentant un biais parental dans leur expression : la version paternelle ou maternelle pouvant être réduite au silence total, ou son activité fortement diminuée. Ces inégalités diffèrent selon les stades de développement. Chez l'embryon, ce sont les allèles maternels qui s'expriment ; chez l'adulte, ce sont les allèles paternels ; et ceci, quel que soit le sexe de l'animal. On peut faire l'hypothèse que l'empreinte soit une conséquence d'un conflit parental sur l'allocation des ressources à la progéniture.

L'expression de ces gènes à empreinte est principalement détectée dans l'hypothalamus et le cortex préfrontal, deux régions associées aux comportements affectifs et à la gestion des fonctions animales (boire, manger, dormir, se reproduire).

Enfin, les souris femelles expriment préférentiellement les allèles maternels des gènes localisés sur le chromosome sexuel X. Elles ont également un plus grand nombre de gènes à empreinte sur les autosomes (chromosomes non sexuels). Ces derniers résultats révèlent un nouveau mécanisme impliqué dans le dimorphisme sexuel.

L'ensemble de ces travaux constitue une piste neuve, qui s'annonce féconde. Une régulation épigénétique des fonctions cérébrales pourrait jouer un rôle majeur dans l'origine de certaines affections neurologiques.

Express

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