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Découverte d'un gène de sensibilité au cannabis

Le cannabis est devenu la drogue illicite la plus consommée dans le monde : en 2013, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 181,8 millions de personnes en consommaient dans un cadre non médical et 9 % des fumeurs deviendront dépendants.

La dépendance s’installe lorsque la consommation est régulière sur une longue période. Les symptômes de sevrage sont d’ordre psychique : une envie irrésistible, une colère, agressivité, nervosité et anxiété, une humeur dépressive, une perte de poids et des troubles du sommeil. Mais aussi physiques : douleurs abdominales, tremblements, maux de tête, transpiration, fièvre ou frissons.

Des chercheurs danois, de l'Université d’Aarhus, ont réuni 2000 personnes dépendantes au cannabis et 50 000 sujets témoins. Dans un deuxième temps, les chercheurs ont comparé leurs données avec les analyses génétiques de 5 500 autres consommateurs de cannabis et plus de 300 000 sujets témoins.

Leur étude montre qu’une version d’un gène, le gène CHRNA2, est associée à un risque augmenté d’abuser du cannabis et de devenir dépendant. Le rôle de ce gène CHRNA2 (sous unité cholinergic receptor nicotinic α2) ? Il est responsable de la synthèse d’une partie du récepteur de la nicotine située dans le cerveau.

Les personnes possédant la version du gène propice à développer une addiction au cannabis ont une diminution de l’expression du gène CHRNA2 provoquant alors une plus faible synthèse de récepteurs nicotiniques au niveau du cerveau.

En analysant les données génétiques relatives à la cognition (mémoire, langage, intelligence, apprentissage, raisonnement, prise de décision, attention, etc.), les chercheurs se sont aperçus que les individus ayant un nombre plus élevé de versions de gènes associées à une déficience cognitive ont également plus de risques de développer une dépendance au cannabis.

“Les consommateurs de cannabis ont souvent des problèmes avec le système éducatif, et nos résultats montrent que cela peut en partie s’expliquer par la génétique. C’est-à-dire que les personnes ayant un problème d’abus ont plus de variations génétiques dans le génome, ce qui augmente le risque d’abus de cannabis, tout en affectant négativement leur capacité à s’instruire” explique Ditte Demontis, auteur de l’étude et chercheur à l’université d’Aarhus.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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