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Décodage du génome d'un premier oiseau, la poule

Le premier génome d'un oiseau, celui de la poule, a été décodé par une équipe internationale, ce qui pourrait renforcer les connaissances sur l'homme et améliorer les races de poulet élevées pour l'alimentation, selon un article de la revue Nature. Le séquençage des 20.000 à 23.000 gènes (contre 20.000 à 25.000 chez l'homme) a été réalisé sur Gallus gallus par le Consortium international de séquençage de la poule. Il est formé de 170 chercheurs appartenant à 49 instituts dans le monde. Les hommes et les oiseaux ayant eu un ancêtre commun il y a quelque 310 millions d'années, le décodage du milliard de lettres ou paires de bases de la poule - 98 % de son génome complet - pourrait permettre d'identifier des séquences communes à ces deux espèces et de toute première importance pour l'homme, estiment les chercheurs.

"Nous avons séquencé la poule pour comprendre notre génome humain, voila notre principale motivation", a déclaré l'un des auteurs de l'étude, Ewan Birney, du European Bioinformatics Institute (EMBL-EBI) à Cambridge (Grande-Bretagne). "Environ 60 % des gènes de la poule produisant des protéines ont des homologues chez l'homme", a souligné pour sa part Peer Bork, membre du EMBL-EBI à Heidelberg (Allemagne). Dans un autre article, des chercheurs chinois appartenant au Consortium ont comparé les génomes de trois variétés de Gallus gallus, ce qui devrait fournir une base essentielle pour les recherches sur l'élevage des poulets, estime Alain Vignal, membre d'une équipe de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) ayant travaillé sur le génome. Le séquençage, a-t-il déclaré, permettra d'accélérer les travaux pour sélectionner des poulets résistants à certaines maladies, non porteurs de salmonelle, engraissant plus rapidement ou moins sensibles au stress de l'élevage en batterie. Sur le plan scientifique, a-t-il ajouté, après les génomes de mammifères, de poissons ou de primates, le monde scientifique dispose désormais de celui d'un oiseau, représentant d'une classe comprenant quelque 9.000 espèces.

La poule est depuis longtemps utilisée par les biologistes travaillant sur le développement comme un modèle pour l'évolution de l'embryon. Les auteurs d'un commentaire également à paraître dans Nature, Jeremy Schmutz et Jane Grimwood, du Centre pour le génome humain de Stanford (Californie), notent que "les poules ont été un organisme modèle inestimable pendant des décennies". "Leur utilité pour la recherche, de la génomique à l'élevage, va s'accroître encore" avec ce décodage, soulignent-ils. "Posséder le séquençage du génome de la poule, c'est comme avoir un guide des antiquités dans un marché aux puces : soudain, vous avez un outil qui vous permet de reconnaître quelles pièces ont de la valeur", a résumé Ewan Birney. Le génome du poulet pourrait fournir un outil utile pour mieux comprendre le génome humain, soulignent les chercheurs. Les génomes du poulet et de l'homme ont commencé à évoluer séparément il y a 310 millions d'années et se prêtent bien à des comparaisons, souligne Richard Wilson, de l'université Washington à Saint-Louis, principal auteur de l'étude. Il souligne que de telles analyses pourraient aider à identifier des "interrupteurs" chimiques qui activent et désactivent des gènes. L'étude révèle que l'homme possède des gènes liés à ceux qui, chez le poulet, produisent les protéines des coquilles d'oeuf. Ils joueraient chez l'homme un rôle dans la formation des os. Richard Wilson souligne que le génome du poulet pourrait aider les scientifiques à mieux comprendre la grippe aviaire, maladie du poulet qui pourrait un jour déclencher une épidémie mondiale meurtrière chez l'homme. Il devrait également aider les chercheurs à améliorer les races de poulets d'élevage, selon des experts.

New Scientist

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