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Des chercheurs retracent l'histoire du virus du SIDA chez deux petits singes africains

Une équipe internationale de chercheurs a retracé l'origine du virus du SIDA: ils ont isolé chez deux espèces de singes africains deux souches de virus distinctes qui se sont combinées chez les chimpanzés pour former le VIH qui infecte les humains depuis les années 1930. Les scientifiques avaient déjà établi que le virus d'immunodéficience simienne (VIS) retrouvé chez les chimpanzés, était à l'origine du VIH-1 responsable chez les humains du SIDA. Ils pensent aujourd'hui que les chimpanzés ont contracté le VIS en mangeant la viande de petits singes, avant de le transmettre à l'homme par la même voie. Des spécialistes américains, britanniques et français ont analysé la structure génétique de plusieurs souches de VIS présentes chez les singes africains. Selon eux, au moins deux de ces souches, retrouvées chez le singe hocheur et le cercocèbe à collier blanc d'Afrique centrale, se sont combinées pour former le type de virus qu'on retrouve aujourd'hui chez les chimpanzés. C'est ainsi que s'est formé le virus à l'origine chez l'homme de l'épidémie de SIDA qui a tué plusieurs millions de personnes, rapporte ce groupe de chercheurs dans la revue "Science". "La recombinaison de ces virus a eu lieu chez les chimpanzés et ceux-ci l'ont transmis aux hommes à au moins trois occasions", dit Frédéric Bibollet-Ruche, virologue de l'Université d'Alabama et co-auteur de cette étude réalisée notamment en partenariat avec l'université de Montpellier. Trois types de VIH-1 -appelés M, N et O- sont ainsi passés des chimpanzés aux hommes. "Le transfert du chimpanzé à l'homme est probablement intervenu avant 1930", juge M. Bibollet-Ruche. L'homme a sans doute contracté la maladie en consommant du chimpanzé, par exemple en se coupant en préparant la viande. D'autres études avaient déjà établi qu'un autre type du virus, le VIH-2, a été transmis à l'homme directement par le mangabey d'Afrique de l'Ouest, sans passer par l'intermédiaire du chimpanzé. Les singes porteurs de ce type de virus représentent toujours un risque de contamination possible: le VIS pourrait, en théorie, être transmis à l'homme et déclencher une nouvelle immunodéficience. "Ce n'est pas une si bonne idée de chasser et de manger du singe", observe Frédéric Bibollet-Ruche, qui met en garde contre les dangers d'exposition au VIS. Contrairement aux humains séropositifs, les singes infectés par le VIS ne développent pas de maladie. Le virus s'attaque à leurs globules blancs, mais ne provoque pas de baisse de leur nombre chez l'animal. Chez les hommes, le VIH détruit les lymphovytes et fini par anéantir les défenses immunitaires: les malades sont alors victimes de nombreuses infections opportunistes qui sont d'ordinaire facilement combattues par les défenses naturelles.

Science du 13-06-2003 :

http://www.sciencemag.org/cgi/content/full/300/5626/1713?etoc

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