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Les cancers frappent inégalement les pays d'Europe

La prévalence du cancer varie beaucoup en Europe, montre la plus large étude jamais réalisée sur le continent, portant sur 3 millions de patients dans 17 pays. Elle est publiée dans « Annals of Oncology », le journal de la Société européenne de cancérologie médicale. Europreval est la plus grande étude de prévalence conduite à ce jour. Réalisée à partir de 38 registres du cancer dans 17pays européens*, elle porte sur 3 millions de patients chez qui la maladie a été diagnostiquée entre 1970 et 1992. Les résultats sont présentés par une équipe internationale dans « Annals of Oncology » (13, 2002). Pour l'ensemble des cancers, la prévalence va de 1 169 pour cent mille en Pologne à 3 047 pour cent mille en Suède, la France se situant entre les deux, avec 2 356. Pour la plupart des cancers, la prévalence est forte dans les registres suédois, suisses, allemands et italiens, et faible chez les Polonais, Estoniens, Slovaques et Slovènes. Les variations sont également très importantes selon le type de cancer. L'Allemagne se distingue par la plus forte prévalence de cancer du côlon, ce qui coïncide avec la plus forte incidence. Pour le cancer de l'estomac, c'est l'Italie qui est en tête, mais seulement en chiffres bruts, pas quand on les rapporte à l'âge (elle n'a alors que la troisième place). Les Suédois (229 pour cent mille) sont de loin les plus touchés par le mélanome, suivis par les Autrichiens (168), les Suisses (154) et les Danois (142), la plupart des autres pays, comme la France (41), ayant des taux bien plus faibles. La Suède est également en tête pour le cancer du sein, tandis que l'Autriche et le Danemark ont les prévalences les plus élevées de cancer du col. Beaucoup de cancers de l'utérus en Allemagne (344) et beaucoup moins en Ecosse (132), la France (176) et l'Angleterre (177) se signalant aussi par des taux peu élevés. En revanche, la France a la plus forte prévalence de leucémies (55,9), mais associée au plus haut niveau de survie relative et au plus grand nombre de survivants à long terme. Dans tous les pays, la prévalence des cancers est plus forte chez les femmes (61 % des cas au total, 71 % en Pologne). Le cancer du sein représente 34 % des cancers féminins. Chez l'homme, c'est le cancer colo-rectal qui a la plus forte prévalence (15 % des cancers masculins et 10 % des cancers féminins), devant le cancer de la prostate (12 %) et celui du poumon (10 %).

Les auteurs ont trouvé des corrélations entre la prévalence et des variables sanitaires et socio-économiques : une forte prévalence est associée à une mortalité générale et infantile basse et avec un produit national brut et des dépenses de santé élevés. D'où l'on peut en déduire que la prévalence du cancer augmente avec le développement économique. Pour les auteurs, elle constitue un indicateur des aspects positifs (accroissement de la longévité, augmentation de la durée de survie des malades) comme négatifs (augmentation de l'incidence) de ce développement. Et ils en concluent que la lutte contre le cancer en Europe n'a pas concentré suffisamment de ressources à la prévention primaire. Reste à savoir si ces données de prévalence globale peuvent, comme les auteurs l'espèrent, constituer une information importante pour la planification sanitaire. Dans un éditorial associé, le Pr Graham Giles (Australie) en doute pour le moment, en faisant valoir notamment que nombre de survivants à long terme seront guéris et ne pèseront pas plus sur les dépenses de santé que les personnes du même âge. Il en sera autrement si Europreval poursuit sa tâche et explique, par exemple, la situation de la Suède, à forte prévalence, mais aussi relativement faible incidence et taux de survie au-dessus de la moyenne : dépistage précoce, mélange de types de cancers, traitement, autres facteurs ?

Quotidien du médecin :

http://www.quotimed.com/information/index.cfm?

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