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Cancer de la prostate : une thérapie génique à l'essai

Des scientifiques du Houston Methodist Hospital aux Etats-Unis ont testé une nouvelle thérapie génique qui a obtenu des résultats très encourageants face au cancer de la prostate : les patients traités par cette technique ont un taux de survie à 5 ans de 94 à 97 %. Un taux très nettement supérieur à celui observé avec les traitements habituels pour ce type de cancer.

Cette thérapie est appelée "thérapie génique suicide" par les chercheurs qui l’ont développée, car les cellules cancéreuses génétiquement modifiées émettent elles-mêmes un signal pour être détruites par les traitements et le système immunitaire du patient.

Les chercheurs ont suivi 66 patients entre 1999 et 2003 au cours d’un essai clinique de phase II, répartis en deux groupes. Le premier groupe (groupe A) souffrait d’un cancer de la prostate localisé (sans métastases) et a été traité par radiothérapie puis par cette thérapie génique (à deux reprises). Le second groupe (groupe B) souffrait d’un cancer de la prostate métastatique et a été soigné par radiothérapie, hormonothérapie puis thérapie génique (à trois reprises).

Cette thérapie génique consiste en l’utilisation d’un adénovirus (virus très commun qui provoque le rhume) comme vecteur pour amener un gène du virus de l’herpès spécifiquement dans les cellules cancéreuses. Ce gène permet la production d’une enzyme appelée thymidine kinase ou TK. "Une fois que le gène du virus de l’herpès a été inséré dans les cellules cancéreuses et que ces dernières commençaient à produire de la TK, nous avons administré aux patients un médicament très commun contre l’herpès, le valaciclovir, explique le Docteur Brian Butler, chef du service de Radiologie oncologique au Houston Methodist Hospital et principal auteur de cette étude. "La molécule a attaqué directement l’ADN de l’herpès et les cellules tumorales produisant la TK se sont autodétruites." D’où le nom de "thérapie génique suicide".

L’effet de cette thérapie est double. Une fois que le valaciclovir commence à détruire les cellules tumorales, le système immunitaire du patient est alerté et déclenche lui aussi une réponse pour s’attaquer au cancer. Avant l’émission de ce signal, le système immunitaire n’avait pas repéré les cellules cancéreuses. Les chercheurs estiment que cette technique s’apparente à un "vaccin" qui utilise les propres cellules tumorales du patient. Une technique qui peut améliorer les résultats obtenus avec les traitements traditionnels par radiothérapie et hormonothérapie.

En effet, les résultats obtenus dans cette étude sont impressionnants. Sur les 62 patients qui ont pu terminer l’étude, le taux de survie à 5 ans dans le groupe A était de 97 %, celui dans le groupe B de 94 %.

Ces résultats sont un immense espoir pour les patients qui souffrent d’un cancer de la prostate. D’autant plus que cette thérapie génique provoquerait très peu d’effets secondaires, voire aucun, selon les chercheurs américains. Un essai clinique de phase III, essai final pour déterminer l’efficacité et la sûreté de cette thérapie, est déjà en cours aux Etats-Unis.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Springer

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