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Cancer de la prostate : une approche génétique pour un meilleur dépistage

Le test le plus souvent utilisé pour le dépistage d'un cancer de la prostate est le dosage sanguin d'une protéine, le PSA (antigène spécifique de la prostate), qui, dans certains cas est un marqueur de cette tumeur. Et bien qu'il puisse devenir élevé pour bien d'autres raisons, au premier chef d'hypertrophie bénigne de la prostate, les médecins demandent systématiquement une biopsie de la prostate quand le taux de PSA atteint un certain niveau.

Une équipe islandaise vient de découvrir un ensemble de variants génétiques qui montrent que ces chiffres ne sont pas toujours valables, notamment chez certains hommes dont le taux habituel de PSA est plus élevé que la moyenne utilisée pour calculer la mesure-seuil.

Ce qui signifie que des biopsies sont pratiquées sur "un tas de prostates qui n'en avaient pas besoin", résume le Dr Kari Stefansson, PDG de deCODE Genetics, en Islande. Son équipe a publié ses travaux dans le dernier numéro de la revue Science Translational Medicine.

Kari Stefansson envisage de mettre au point un test de dépistage de ces marqueurs génétiques, peut-être même dès 2011, pour que les médecins puissent affiner leur lecture des résultats des dosages de PSA de leurs patients.

S'il considère que cette approche génétique tient debout, le Dr Otis Brawley, médecin-chef de l'American Cancer Society, extérieur à l'étude, estime qu'il faut des recherches complémentaires avant que ce test puisse être prêt. Cette découverte est "importante, mais ce n'est qu'un petit pas sur la longue route" d'un meilleur dépistage du cancer de la prostate, estime-t-il.

Rendre plus efficace le test du taux de PSA ne résout qu'une partie du problème, a-t-il ajouté. Le dépistage permet souvent de détecter des petites tumeurs, dont le développement est trop lent pour qu'elles soient mortelles. Et ce sans qu'on puisse savoir dès le départ qui aura besoin d'un traitement agressif.

"Ce dont nous avons désespérément besoin, c'est d'un test qui nous dirait 'cette forme de cancer de la prostate est mortelle, celle-ci ne l'est pas'", poursuit-il. Plus de 190.000 cas de cancer de la prostate seront diagnostiqués cette année chez des Américains, dont 27.000 seront mortels.

Mais le dépistage systématique est très controversé : alors que la plupart des hommes de plus de 50 ans ont fait mesurer au moins une fois leur taux de PSA, de nombreuses associations médicales importantes ne le recommandent pas, craignant que cela ne fasse plus de mal que de bien. La Cancer Society, par exemple, conseille que les patients soient pleinement informés du pour et du contre, afin qu'ils se décident eux-mêmes, en conscience.

Parmi les problèmes soulevés : plus du tiers des hommes dont le taux de PSA est supérieur ou égal à 10 ne montrent pas de signes de cancer lors de la biopsie de la prostate, tandis que nombre de médecins prescrivent une biopsie dès un taux aux alentours de 4. A l'inverse, des hommes ayant des taux très bas de PSA se retrouvent avec un cancer.

L'équipe de Stefansson a découvert un ensemble de variants génétiques qui modifie la production naturelle de PSA. L'équipe souligne que les hommes qui possèdent un de ces trois variants génétiques ont un taux de PSA de 40 % supérieur à la moyenne. Quand ils ont examiné les dossiers médicaux de près de 4.000 hommes en Islande et en Grande-Bretagne ayant subi une biopsie de la prostate, ils ont constaté que la plupart de ces "gros producteurs" de PSA l'avaient subie inutilement. En revanche, les hommes avec un quatrième variant avaient eux un taux de PSA de 40 % inférieur à la moyenne.

En résumé, selon cette nouvelle étude, un "gros producteur" de PSA pourrait ne pas avoir besoin de biopsie de contrôle avant un taux de PSA à 6, tandis qu'un "petit producteur" en aura besoin à moins de 4... Sachant, selon Stefansson, que ces deux catégories "extrêmes" représentent environ 5 % de la population concernée chacune.

Ap

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  • Tebibel soraya

    27/05/2011

    bonjour pouvez vous me donner les références bibliographiques de cet article, merci

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