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Cancer : comment prolonger l'efficacité des CAR-T cells ?

Aux Etats-Unis, une cinquantaine de patients atteints de cancer du sang ont pour l'instant été traités par CAR-T cells. Et tandis que s'organise le parcours de soins spécifique à ces thérapies géniques des cancers hématologiques, plusieurs équipes de cliniciens s'interrogent sur les combinaisons qui pourraient les rendre plus efficaces et réduire les risques de rechute.

Présentées au congrès de la Société américaine d'hématologie (ASH), ces approches explorent les voies des anti-PD1, de l'ibrutinib ou encore des greffes de cellules souches hématopoïétiques.

« Même si une rémission est observée chez la majorité de nos patients traités par CAR-T cells, près de la moitié rechute », constate le Docteur Corrine Summers, de l'hôpital pédiatrique de Seattle, au moment de défendre ses résultats sur un sujet très débattu : la greffe de cellules souches hématopoïétiques comme moyen de prolonger la réponse des CAR-T cells. Avec ses collègues, elle s'est penchée sur les données de 64 patients atteints de leucémie lymphoblastique aiguë ayant participé à l'étude PLAT-02.

« Cela ne faisait pas explicitement partie de notre protocole de recherche, mais après l'injection de CAR-T cells, plusieurs patients de l'étude ont bénéficié de greffes allogéniques de cellules hématopoïétiques une fois en rémission, explique le Docteur Summers.

"De plus, nous avons recommandé une greffe aux patients chez qui la présence de CAR-T cells n'a pas persisté longtemps". Les auteurs ont alors noté un meilleur pronostic chez les patients greffés. La greffe avant le traitement par CAR-T cells ne semble en revanche pas apporter de bénéfice particulier.

Lors d'une autre communication, le Docteur Amanda Li, du département d'oncology de l'hôpital pour Enfants de Colombie-Britannique, au Canada, a montré que l'ajout d'une immunothérapie anti-PD1 pouvait lutter contre la disparition précoce des CAR-T cells, en faisant sauter les verrous de la réponse immunitaire.

Les médecins ont recruté 14 enfants souffrant de leucémie aiguë lymphoblastique de la lignée B ou de lymphomes lymphocytiques. Traités par des cellules CAR-T ciblant l'antigène CD19, suivi d'un anti-PD1 (pembrolizumab ou nivolumab), la moitié d'entre eux ont maintenu pendant 15 mois une réponse complète ou partielle au traitement. « Cette combinaison pourrait permettre d'éviter l'épuisement des lymphocytes réinjectés », explique le Docteur Li.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Le Quotidien du Médecin

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