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Cancer du cerveau : deux avancées majeures !

Sur le front de la lutte contre le redoutable cancer du cerveau, deux avancées importantes méritent d'être signalées : la première concerne une innovation de l'Inserm-Grenoble. Il s'agit d'un programme informatique capable de détecter et d’identifier automatiquement des lésions cérébrales.

L'IRM (ou imagerie par résonance magnétique) peut produire des images dites quantitatives, c'est-à-dire qui cartographient chacune un paramètre mesurable du cerveau (par exemple le débit sanguin, le diamètre vasculaire...). Des chercheurs de l'Inserm en collaboration avec une équipe de recherche de l'Université Grenoble Alpes ont combiné différents outils mathématiques innovants, pour apprendre à un programme informatique à analyser ces images quantitatives issues d'IRM cérébraux et à diagnostiquer d'éventuelles tumeurs. Ces analyses ont montré des résultats de haute fiabilité avec 100 % de localisations exactes et plus de 90 % de diagnostics corrects du type de tumeur. Dans un premier temps, le programme a appris à reconnaître les caractéristiques de cerveaux en bonne santé.

Confronté ensuite à des images de cerveaux atteints de cancers, il est ainsi devenu capable de localiser automatiquement les régions dont les caractéristiques divergent de celles des tissus en bonne santé et d'en extraire les particularités. Pour apprendre à l'intelligence artificielle à faire une différence entre les différents types de tumeurs, les chercheurs lui ont ensuite indiqué le diagnostic associé à chacune des images de cerveaux malades qui lui avaient été présentées. "Ces travaux montrent l'intérêt d'acquérir ce type d'images et éclairent les radiologues sur les outils d'analyse dont ils pourront disposer prochainement pour les aider dans leurs interprétations" précise Emmanuel Barbier, chercheur Inserm responsable de l'étude.

La seconde avancée se situe dans le domaine thérapeutique : une nouvelle étude réalisée par le centre espagnol de recherche sur les métastases cérébrales de Madrid vient de montrer l'intérêt de corriger les altérations du microenvironnement de la métastase dans le cerveau pour les traiter : 75 % de réponses ont été obtenues avec un bloqueur du gène STAT3 à la surface des cellules de la microglie. Des résultats qui pourraient être obtenus quelle que soit la tumeur initiale.

Le rôle du microenvironnement dans lequel se développe une tumeur est devenu une option qui est de plus en plus utilisée dans différents types de tumeurs du sang (myélome, LLC...) et de différents organes (poumon, peau...). Dans le cerveau, la transformation de ce microenvironnement en milieu hostile à tout développement d’une tumeur n’était pas jusqu'ici envisagée. Or, c’est une option qui a été testée avec succès par une équipe de chercheurs espagnols dans une étude de faisabilité.

Le cerveau ne contient pas que des cellules nerveuses. Autour de ces « neurones », il existe un tissu de soutien, la « microglie », qui a été jusqu’ici peu étudiée et qui ne sert pas seulement à nourrir les cellules nerveuses, mais aussi à les protéger via des fonctions immunitaires. Parmi les cellules de la microglie, il existe les « astrocytes » qui, en cas de lésion du cerveau, répondent par un état d’hyperréactivité favorable au développement des métastases. Cet état d’hyperréactivité est favorisé par l’activation du gène STAT3 et lorsque ce gène STAT3 est supprimé, la viabilité des métastases cérébrales semble fortement compromise.

Les chercheurs se sont tournés vers une base de données sur les molécules chimiques disponibles dans le monde, qu’elles soient commercialisées ou non commercialisées, la MET platform. Il s’agissait de trouver quelles étaient les molécules capables de bloquer le gène STAT3 dans cette base. Parmi ces molécules capables de bloquer ce gène, la silibinine, une molécule qui avait déjà été testée dans les tumeurs du cerveau, a été essayée avec succès chez la souris pour bloquer le gène STAT3.

La silibinine a donc été administrée à 18 malades volontaires souffrant d’un cancer du poumon avec métastases cérébrales, en association à leur traitement standard. La silibinine, en bloquant le gène STAT3 sur les astrocytes de la microglie altérée par les métastases, rend ce tissu hostile à l’implantation de ces tumeurs secondaires dans le cerveau.

Une réponse clinique sur les métastases cérébrales a été observée chez 75 % des malades, dont 20 % de réponses totales. La survie globale moyenne de ces malades a été allongée à 15,5 mois contre seulement 4 dans les groupes de malades sous traitement standard. Ce concept est très intéressant car il s’agit de bloquer une altération qui n’existe que dans les cerveaux agressés par les métastases et ceci quelle que soit le type de la tumeur d’origine.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Inserm

Nature

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