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Les biocarburants valériques : une nouvelle génération de biocarburants à partir de lignocellulose

Jean-Paul Lange, chercheur de l'entreprise énergétique Shell, et ses collaborateurs d'Amsterdam, Hambourg et Cheshire (Grande-Bretagne) ont développé une nouvelle génération très prometteuse de biocarburants à base de bois. Comme ils l'ont décrit dans la revue spécialisée Angewandte Chemie, les véhicules pourraient d'ores et déjà circuler avec ce carburant et utiliser le réseau de stations service actuel.

La première génération de biocarburants, basée sur le sucre, l'amidon et les huiles végétales, ne trouve pas de véritable application industrielle à grosse échelle (pourtant nécessaire dans le secteur des transports), car ces matières premières sont également utilisées comme denrées alimentaires. La lignocellulose, présente dans la paroi cellulaire de plantes lignifiées, représente une alternative intéressante, car cette matière première est répandue, bon marché et son utilisation s'inscrit mieux dans le cadre du développement durable.

Jusqu'à présent néanmoins, un processus de retraitement complexe et cher était nécessaire pour raffiner la lignocellulose en biocarburant. Or un composé peut être produit à partir de lignocellulose par une simple hydrolyse acide : il s'agit de l'acide lévulinique, fabriqué principalement à partir de glucose et employé comme additif dans l'industrie cosmétique, plastique et textile. Cependant, jusqu'à présent aucun carburant satisfaisant n'avait pu être produit à partir d'acide lévulinique.

M. Lange et ses collaborateurs ont trouvé une solution : grâce à un nouveau procédé, ils hydrogénisent l'acide lévulinique en acide valérique, qu'ils estérifient ensuite en valérate. C'est ainsi qu'apparaît une nouvelle famille de carburants : les "biocarburants valériques". Selon le réactif utilisé pour l'estérification, ils donnent naissance à de la bio-essence ou du biodiesel et peuvent être mélangés avec les carburants habituels.

Les véhicules actuels peuvent être approvisionnés en carburant valérique sans avoir besoin de transformer le moteur, et même le réseau de stations services actuel pourrait être utilisé pour la distribution. Les nouveaux carburants ont passé avec succès une longue série de tests. Lors d'un essai pratique, dix types de véhicules courants, neufs ou d'occasion, ont été approvisionnés avec un mélange d'essence normale avec 15 % en volume de biocarburant valérique, et ont parcouru 500 km par jour. Après un total de 250.000 km de trajet, aucune altération de la conduite, du moteur, du réservoir ni des tuyaux d'alimentation en essence n'a été déplorée.

BE

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