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Les astrocytes consolident la mémoire à long terme

Les astrocytes, ces cellules du cerveau en forme d'étoile, jouent un rôle de tout premier plan dans la mémoire à long terme, expliquent ces scientifiques de l’Institut Salk (La Jolla, Californie). Longtemps considérés comme des acteurs secondaires du cerveau, les astrocytes sont essentiels à l'établissement de souvenirs durables. L'étude, publiée dans la revue GLIA, pourrait éclairer les thérapies des troubles dans lesquels la mémoire à long terme est altérée, tels que les lésions cérébrales traumatiques ou la démence.

« Ces cellules font beaucoup plus qu’aider les neurones à maintenir leur activité », résume l’auteur principal, le professeur Terrence Sejnowski, responsable du laboratoire de neurobiologie de Salk : « Elles jouent un rôle essentiel dans la manière dont l'information est transmise et stockée dans le cerveau ».

Ces neurones émettent des signaux électriques rapides pour communiquer dans le cerveau et libérer des neurotransmetteurs, et les astrocytes génèrent des signaux calciques et libèrent des substances appelées « gliotransmetteurs », dont certaines sont chimiquement similaires aux neurotransmetteurs.

L’hypothèse aujourd’hui retenue est que les astrocytes apportent un soutien aux neurones les plus actifs, facilitent le transport des nutriments, éliminent les débris moléculaires et maintiennent les neurones en place et en bonne santé. Cependant, plus récemment, plusieurs recherches ont suggéré que les astrocytes pourraient jouer un rôle bien plus actif dans le cerveau en particulier par la libération de ces gliotransmetteurs.

En 2014, l’équipe du Salk avait montré que désactiver la libération de gliotransmetteurs dans les astrocytes annule un type de rythme électrique appelé oscillation gamma, important pour les fonctions cognitives. Dans cette étude, lorsque les chercheurs testent les capacités d'apprentissage et de mémorisation de souris aux astrocytes désactivés, ils constatent des déficits « cognitifs ».

En pratique, l'équipe s'est concentrée sur la mémoire à long terme de souris dont elle avait préalablement perturbé les astrocytes, par manipulation génétique. Précisément, les astrocytes ont été privés d’un type particulier de récepteur sur lequel ils s'appuient normalement pour libérer le calcium afin de communiquer.

Les chercheurs constatent alors que les souris dépourvues de ce type de récepteur perdent progressivement une partie de leur mémoire de long terme : elles font 2 fois moins bien au test du labyrinthe.

Alors que les souris avec astrocytes non modifiés ont « définitivement » pu consolider leur mémoire et font beaucoup mieux au test du labyrinthe, les souris modifiées voient leurs capacités cognitives se dégrader. C’est la première fois que des défauts dans les astrocytes sont corrélés à des déficits de consolidation de la mémoire à long terme.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Wiley

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