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Apprendre aux plantes à mieux se défendre des maladies en utilisant leurs armes naturelles

On estime que chaque année, 40 % des récoltes mondiales sont détruites par les insectes et perdues à cause des maladies causées par une large gamme de micro-organismes, tels que les champignons, les bactéries et nuisibles. Un des leviers les plus puissants pour une protection durable des cultures est l'immunité naturelle des plantes. Cependant, la difficulté réside dans la capacité des agents pathogènes à évoluer face à l'immunité de la plante et ainsi échapper à la reconnaissance du système de surveillance de la plante. Comme avec un rappel vaccinal, il peut donc être nécessaire de rafraîchir l'immunité de la plante. Classiquement, cela se fait en transférant à la plante, par amélioration génétique, les éléments immunitaires d'une autre variété. Mais un problème se pose : les ressources immunitaires disponibles, plus précisément les récepteurs qui détectent les pathogènes, ne sont pas inépuisables chez les plantes cultivées.

C'est pourquoi des scientifiques d'INRAE, en collaboration avec leurs partenaires du CNRS et de l'Inserm, étudient des solutions pour pallier le manque de ces récepteurs immunitaires. Leur piste de travail ? Des études récentes qui montrent que ces récepteurs immunitaires de la plante peuvent porter des éléments particuliers, ressemblant à des composantes de la plante, qui agissent comme des leurres. Ciblés par le pathogène, ils agissent comme un piège, qui déclenchera une forte réponse de défense de la plante. Les chercheurs ont optimisé les propriétés d'un de ces leurres chez le riz.

Ils ont "appris" au récepteur à reconnaître de nouveaux signaux d'un champignon pathogène du riz. Comment ? En étudiant à l'échelle atomique les propriétés des protéines se trouvant à la surface du leurre. Ensuite, ils ont modifié la surface de ce leurre de manière à ce qu'un nouveau composé du champignon s'y fixe, et active ainsi l'immunité. Ce travail a nécessité l'identification, et l'analyse fine, d'une vingtaine d'éléments sur les près de 1300 qui constituent le récepteur. Ces résultats pionniers dans ce domaine sont prometteurs. Ils constituent une piste vers le développement de nouveaux récepteurs immunitaires chez les plantes cultivées. Une étape majeure pour accompagner les changements des pratiques agricoles.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

CNRS

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