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Les activités humaines réchauffent aussi les océans

L'augmentation des émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère aurait déjà entraîné le réchauffement des masses océaniques. C'est ce que montrent deux études américaines publiées simultanément dans la revue Science . On savait, grâce aux travaux menés l'an dernier par Sydney Levitus, de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), que la température moyenne des trois mille premiers mètres des océans Atlantique, Indien et Pacifique s'était élevée de 0,06 °C entre 1955 et 1996. Mais on ignorait, à l'époque, si les activités humaines y étaient pour quelque chose ou s'il s'agissait d'une simple fluctuation naturelle. Pour le savoir, S. Levitus et ses collaborateurs ont simulé l'évolution de la température des océans en réponse à l'émission de gaz à effet de serre. Ils ont utilisé pour cela la toute dernière version d'un modèle climatique, dit de circulation générale : tenant compte des échanges entre l'atmosphère et l'océan, il a été développé au GFDL (Geophysical Fluid Dynamics Laboratory) à Princeton. L'évolution de l'océan y est décrite avec une résolution de 1,875 degré en longitude et 2,25 degrés en latitude sur dix-huit niveaux verticaux ; celle de l'atmosphère s'appuie sur un maillage un peu plus large en longitude (3,75 degrés), sur quatorze niveaux. Outre l'augmentation des gaz à effet de serre au cours du temps, ce modèle intègre les effets des changements de l'intensité du rayonnement solaire, des aérosols sulfatés et des aérosols rejetés lors des éruptions volcaniques depuis un siècle. Résultat, le réchauffement simulé pour les cinquante dernières années (19,7 x 1022 joules) est comparable au réchauffement mesuré (18,2 x 1022 joules) qui, de ce fait, semble bien dû aux activités humaines. Parallèlement, Tim Barnett et son équipe, de la Scripps Institution of Oceanography de San Diego, en Californie, sont arrivés à la même conclusion en utilisant le Parallel Climate Model (PCM). C'est l'un des modèles les plus sophistiqués d'interactions entre climat, gaz à effet de serre et aérosols sulfatés, ayant une résolution très fine pour la partie océanique, à savoir 0,65° longitude/0,65° latitude. Les climatologues ont constaté que le réchauffement enregistré depuis 1955 dans les différents océans ne survenait que si l'on introduisait dans le modèle un surplus de gaz à effet de serre. De plus, leurs simulations rendent compte des variations observées entre les différents bassins océaniques. Ces deux études, focalisées pour la première fois sur les températures océaniques et non sur celles de l'air à la surface de la Terre, vont donc dans le sens d'un réchauffement en cours de la planète attribué aux gaz à effet de serre relâchés massivement par les activités humaines depuis le début de la révolution industrielle. Les auteurs rappellent néanmoins que ce bon accord entre observation et prédiction doit être analysé en gardant à l'esprit les points d'incertitude que contiennent encore les modèles. Ils pointent en particulier le rôle des aérosols sulfatés ou volcaniques qu'il reste à mieux évaluer. De plus, l'accord est observé sur l'ensemble des quatre décennies, mais il existe des divergences à l'échelle décennale qu'il faut comprendre. Quoi qu'il en soit, ces résultats sont encourageants pour la simulation des variations thermiques multidécennales de l'océan qui, plus que jamais, apparaissent comme les grands régulateurs du climat global.

Recherche : http://www.larecherche.fr/data/343/03430072.html

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