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Une nouvelle technologie pour évaluer la réponse des lymphocytes T CD4 induite par un vaccin anti-cancer

Au cours des dix dernières années, les scientifiques ont montré qu'il existait plusieurs sous-populations de lymphocytes T CD4 ayant des fonctions très distinctes, voire opposées. Par exemple, le sous-type dit "auxiliaire" (TH) stimule d'autres cellules immuno-compétentes comme les lymphocytes T CD8 et les lymphocytes B, producteurs d'anticorps. Les lymphocytes TH interviennent dans la mémoire immunologique, c'est-à-dire la capacité du système immunitaire à reconnaître et à élaborer une réponse immunitaire rapide contre une cible qu'il a déjà rencontrée.

Le sous-type dit "régulateur" (Treg), à l'inverse, freine l'activité du système immunitaire et peut nuire à l'immunité anticancéreuse induite par le vaccin. Les chercheurs visent désormais à développer des stratégies vaccinales améliorant l'activité des « bons » sous-types de lymphocytes T CD4 au détriment des sous-types régulateurs. Pour cela, ils doivent disposer d'outils d'immuno-surveillance capables de mesurer de façon précise les lymphocytes T CD4 induits par la vaccination et faire la distinction entre les différents sous-types.

Dans leurs résultats publiés aujourd'hui, le Dr. Maha Ayyoub et le Pr. Danila Valmori, avec leur équipe "Immunorégulation des réponses anti-tumorales et développement des vaccines anticancer" de l'Unité Inserm 892 à Nantes, en collaboration avec le Ludwig Institute for Cancer Research Ltd à Lausanne, décrivent le nouvel outil qu'ils ont développé à cet effet ainsi que son utilisation pour évaluer la réponse des lymphocytes T CD4 spécifiques chez les patients ayant reçu un vaccin anticancéreux thérapeutique.

Alors que les lymphocytes T CD4 n'étaient pas détectables avant la vaccination, ils ont pu être clairement détectés après la vaccination à une fréquence moyenne de 1:5000 lymphocytes T CD4 totaux. De plus, les chercheurs de l'Inserm ont découvert que la grande majorité des lymphocytes T CD4 spécifiques étaient des lymphocytes T "auxiliaires", ce qui suggère une protection contre la réapparition de la tumeur. En outre, les cellules n'avaient pas de caractéristiques suppressives ou régulatrices, ce qui montre que le vaccin à l'étude a réussi à stimuler une réponse T CD4 efficace et du type souhaité chez les patients.

Ces nouveaux tétramères seraient donc un outil efficace pour surveiller la spécificité des lymphocytes T CD4 induits par vaccination afin d'accélérer l'évaluation et le perfectionnement des stratégies vaccinales thérapeutiques contre le cancer.

Des études de laboratoire ont confirmé l'expression d'un antigène appelé NY-ESO-1 dans de nombreux types de cancers humains - y compris dans le mélanome et les cancers des poumons, du sein et des ovaires-mais pas dans les tissus sains. Ces études ont également montré que le système immunitaire était capable de reconnaître et de cibler spécifiquement l'antigène. L'expression restreinte de NY-ESO-1 alliée à sa forte immunogénicité en font une cible prometteuse pour des vaccins anti-cancer.

Inserm

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