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Les Français fument moins

Les Français fument de moins en moins. Selon l'institut américain Worldwatch, qui a rendu public hier les résultats d'une très vaste étude, la consommation de cigarettes a baissé de 19 % en France depuis 1985. Aux Etats-Unis, où une guerre au tabagisme a été déclarée depuis vingt ans, la chute est spectaculaire : le nombre de cigarettes fumées par américain a diminué de 42 %. Cette tendance commune à tous les pays développés touche aussi des pays en développement comme la Chine, qui a perdu 8 % de fumeurs en dix ans. Voici les raisons de cette évolution. Le prix de vente a découragé les fumeurs. En France, la hausse incessante du prix des cigarettes a été l'élément le plus efficace pour faire baisser le nombre de fumeurs. Les Français ne veulent ou ne peuvent pas fumer à n'importe quel prix. Pour preuve, entre 1990 et 1996, le prix du paquet a doublé et les ventes de cigarettes ont chuté de 11 %. Cette explosion du prix du tabac a sans doute dissuadé nombre de jeunes, au budget limité, de commencer à fumer. Mais certains jeunes fumeurs invétérés se sont reportés sur le tabac à rouler, moins cher, dont les ventes ont progressé de 42 % pendant la même période. Les jeunes commencent plus tard. Contrairement à une idée reçue, les jeunes ne fument pas plus aujourd'hui que dans les années quatre-vingt. En 1977, près de 46 % des 12-18 ans se disaient fumeurs plus ou moins réguliers. Vingt ans plus tard, selon les chiffres de CFES (Comité français pour l'éducation à la santé), ils ne sont plus que 25 %. Les adolescents commencent également plus tard que leurs aînés. Aujourd'hui, on allume la première clope en moyenne à quinze ans, en 1980, c'était à douze ans et demi. Hélas, à 19 ans, ils se rattrapent avec 50 % de fumeurs réguliers, filles et garçons à égalité. D'où l'idée du député Alfred Recours d'interdire le tabac aux moins de 16 ans. Car c'est entre 14 et 15 ans que tout se joue. L'effet de la loi Evin. Interdiction de la publicité sur le tabac, interdiction de fumer sur les lieux de travail et dans les lieux publics, la loi Evin de 1991 a fait changer l'état d'esprit des Français. Autrefois totalement dominant, le fumeur doit aujourd'hui composer avec le non-fumeur. S'il est très difficile de dire dans quelle mesure cette loi a contribué à faire baisser le nombre de fumeurs, elle a sans doute convaincu certains " fumeurs occasionnels ", non dépendants, de rompre avec le tabagisme. Passé la quarantaine, on s'inquiète pour sa santé. Plus on avance en âge et plus l'arrêt du tabac est fréquent. Toutes les courbes le montrent : c'est clairement entre 40 et 50 ans que le nombre de fumeurs commence à décroître, âge à partir duquel on se soucie davantage de sa santé. Or la population française vieillit et les candidats à l'arrêt du tabac seront donc de plus en plus nombreux. Depuis quinze ans, ce sont les hommes, retraités, agriculteurs mais aussi cadres supérieurs, soucieux de leur hygiène de vie, qui ont le plus contribué à la baisse du nombre de fumeurs en France. Les femmes, qui ont commencé à fumer massivement à partir des années quatre-vingt, réduisent leur consommation depuis trois ou quatre ans mais pas autant que les hommes. Souvent peu perméables aux campagnes antitabac, il semble que de nombreuses Françaises ne se décident pas à arrêter de fumer par " peur de grossir ".

Parisien

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