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Le diabète serait bien un facteur de risque de cancer

Un groupe international d’épidémiologistes, dont les initiateurs sont basés à Cambridge, l’Emerging Risk Factors Collaboration (ERFC), s’attache depuis quelques années à mieux préciser les relations entre divers facteurs de risque et certaines pathologies, vasculaires ou non. En 2010, ce groupe a pu ainsi montrer que, de façon globale, le diabète multipliait environ par 2 le risque de décès de causes vasculaires. Aujourd’hui, l’ERFC s’attaque à une question plus difficile, les relations entre le diabète et les autres causes de décès et en particulier la mortalité par cancer. Si plusieurs études ont en effet déjà permis d’évoquer une association positive entre le diabète et certains cancers (comme ceux du foie), on manquait jusqu’ici de données pour distinguer ce qui reviendrait dans cette association à l’hyperglycémie elle-même, à l’hyperinsulinisme ou à l’insulino-résistance ou à des facteurs de risque commun comme l’obésité.

Pour mieux répondre à ces questions que les travaux précédents, l’ERFC s’est basé sur les données individuelles de 820 900 sujets inclus dans 97 études prospectives. Ces participants, âgés en moyenne de 55 ans, étaient indemnes en apparence de toute affection chronique (vasculaire ou non) et ont été suivis pendant 12,3 millions de personne-années. Pendant la durée de la surveillance, 123 205 décès sont survenus et il a donc été possible de comparer les taux de décès de différentes causes chez les diabétiques et les non diabétiques.

Les résultats montrent que, sur la période de suivi et pour des patients de cette tranche d’âge, chez les diabétiques, les risques de décès (Hazard ratio) ajustés pour l’âge, le sexe, les habitudes tabagiques et l’indice de masse corporelle (IMC) sont multipliés par :

- 2,32 pour les causes vasculaires (intervalle de confiance à 95 % [IC95] entre 2,11 et 2,56) ;

- 1,8 pour les décès de toutes causes (1,71 à 1,90) ;

- 1,25 pour les morts par cancer (1,19 à 1,31).

Dans le détail, le diabète est associé à une majoration significative de la fréquence des cancers du foie (HR : 2,16 [1,62 à 2,88], du pancréas (1,51), de l’ovaire (1,45), du côlon et du rectum (1,40), de la vessie (1,40), du poumon (1,27) et du sein (1,25).

Au total, un diabétique de 50 ans apparaît avoir une espérance de vie diminué de 6 ans par rapport à un sujet non diabétique, ce qui est équivalent à ce que l’on observe chez les fumeurs au long cours (7 ans de vie perdus). Cette surmortalité des diabétiques est pour 40 % due à des causes non vasculaires de décès.

JIM

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