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Cancer la prévention est dans l'assiette

La conférence européenne " nutrition et cancer " s'ouvre aujourd'hui à Lyon. Depuis ce matin, près de cinq cents chercheurs européens sont réunis au palais des congrès de Lyon pour la conférence européenne " Nutrition et cancer ". Dès hier, ils ont livré les résultats préliminaires, de l'étude européenne EPIC entreprise depuis 1992 sur 500 000 personnes dans dix pays différents. Des résultats qui viennent confirmer les pistes que l'on pressentait sur les rôles des différents aliments. Ainsi, les fruits et légumes ont bien un rôle protecteur et réduisent l'incidence des cancers du côlon, du rectum et des voies aérodigestives supérieures mais sont sans effet pour les cancers du poumon et de l'estomac. On estime qu'une consommation de fruits et légumes quotidienne de 500 grammes ou plus est suffisante pour réduire, de 50 % l'incidence des cancers des voies aérodigestives supérieures. Les charcuteries augmentent le risque de cancer du côlon tandis que le poisson diminue noblement les risques pour ce même cancer. Il suffit d'en manger 60 à 80 grammes par jour pour voir les risques augmenter de 60 %. Contrairement à ce que l'on pensait, la consommation de viande rouge n'apparaît pas pour le moment associé au développement un cancer côlon ou du rectum. La viande rouge reste cependant suspecte en matière de cancer de estomac et des voies aérodigestives supérieures. La volaille n'a quant à elle aucun effet remarquable pour instant, ni dans un sens ni dans l'autre. On ne possède pas non plus d'éléments, pour ou contre les produits laitiers dans l'immédiat. " EPIC " vient enfin confirmer le fait qu'une forte consommation d'alcool et de tabac aggrave les risques en matière de cancer des voies aérodigestives supérieures sans parler des poumons. Ainsi fumer plus d'un paquet de cigarettes par jour multiplie par huit le risque de contracter l'un de ces cancers. Boire 75 cl de vin par jour (soit 60 grammes d'éthanol) multiplie ce même risque par neuf. La combinaison de ces deux consommations aura quant à elle un effet multiplicateur évalué à cinquante. Cette étude doit se prolonger jusqu'en 2009 si les chercheurs parviennent à trouver les six millions d'euros annuels qui leur sont nécessaires, dont deux seulement sont fournis par 1'Union européenne. Des difficultés de financement jugées anormales- par la communauté scientifique d'autant que les informations attendues seront de plus en plus précieuses : " c'est une mine d'or, estime le coordinateur M. Ello Riboli du CIRC, qui pourra être exploitée longtemps car c'est lorsque la population vieillit qu'elle fabrique le plus de cancers. Elle sera donc encore plus intéressante dans les années à venir ". Au départ de l'étude en 1992, des stocks d'ADN ont été constitués qui permettront, avec l'évolution de la génétique, de recueillir des renseignements intéressants. Dans l'immédiat, les chercheurs confirment pour les pays 9 qui voudraient mener une politique de prévention, qu'il est vraiment important de lutter contre l'obésité et le surpoids qui constituent des facteurs de risques importants en matière de cancer, mais ils se gardent bien de livrer des prescriptions en matière diététique : " Il faut être sûr de ce que l'on dit car les conséquences peuvent être lourdes sur le plan économique. Les deux grands pôles de prévention restent la recherche des facteurs cancérigènes et la détection précoce des cancers. Car ce n'est évidemment pas parce que l'on aura pris toutes les précautions en matière alimentaire que nous n'aurons pas de cancer.

Le Progrés : http://www.leprogres.fr/

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