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Le succès du lancement d'Ariane-5 "dix tonnes" relance l'Europe spatiale

La fusée Ariane 5 ECA lancée samedi du Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou a placé sur leur orbite les deux satellites qu'elle emportait, a annoncé Arianespace au siège de la société à Evry (Essonne). Après l'allumage de son moteur principal, la fusée a mis sept secondes avant de décoller, arrachant du sol ses 780 tonnes de masse globale, auxquelles s'ajoutaient pour cette mission plus de 7,3 tonnes de satellites et d'instruments de mesure. La fusée a placé le satellite de télécommunications hispano-américain XTAR-EUR sur orbite 26 minutes et 18 secondes après, puis le micro-satellite SLOSHAT-FLEVO, chargé de l'observation des fluides en micro-gravité, cinq minutes plus tard. Une plate-forme technologique de l'ESA, appelée MAQSAT-B2, se trouvait également à bord de la fusée. Servant de lest pour compléter la charge embarquée à l'occasion de ce vol, la plate-forme était également bardée de capteurs et emportait une caméra afin de recueillir toute une série de mesures sur le comportement du lanceur.

Le premier exemplaire de la fusée Ariane 5 ECA avait dû être détruit le 11 décembre 2002 après son décollage en raison d'une défaillance du système de refroidissement d'une tuyère. Il s'agit du 165e lancement d'une fusée Ariane et du 21e d'une Ariane 5. Ce tir est un test pour l'Ariane 5 ECA, un nouveau lanceur capable d'emporter une charge utile de dix tonnes au lieu de quelque six tonnes pour la version de base, l'Ariane 5 générique. Un échec aurait des conséquences "assez graves" parce que "nous avons besoin du succès du lanceur 10 tonnes pour être compétitifs" sur ce marché commercial contre les lanceurs russes, a estimé François Auque, PDG d'EADS Space.

Arianespace a un carnet de commandes de 40 satellites à lancer, contre 33 il y a un an, avait annoncé début janvier le directeur général d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall. En 2004, elle n'a procédé qu'à trois tirs, soit le plus faible niveau depuis 1986. Mais pour 2005, elle prévoit six lancements dont "deux ou trois lancements d'Ariane 5 ECA et trois ou quatre d'Ariane 5 générique", avait-il précisé. Sur un marché des lancements de satellites déprimé, la société doit en effet faire face à des concurrents tels que les américains International Launch Services (ILS) avec Atlas et Proton, et Boeing avec Sea Launch et Delta. Arianespace et ILS revendiquent chacun le titre de numéro un mondial des lancements commerciaux, compte non tenu des programmes gouvernementaux qui représentent environ 70 % du plan de charge des lanceurs américains, contre 10 % seulement pour les européens. Outre l'aspect commercial, la réussite d'Ariane 5 ECA revêt également un caractère politique évident sur lequel a insisté samedi le ministre délégué à la Recherche François d'Aubert : "Ariane est un enjeu de souveraineté. Une capacité de lancement est l'un des instruments essentiels pour les gouvernements européens", a-t-il dit.

ESA

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