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La nanomédecine s'attaque à l'arthrose

Une équipe de recherche de l’Université de Genève a mis au point deux nouveaux types de traitements qui permettent à des substances actives d’agir localement au cœur des articulations et ainsi de ralentir l’évolution de l'arthrose.

L’arthrose se caractérise par une dégénérescence du cartilage situé à la jointure entre les os. Cette couche de cellules moins dure et plus élastique que l’os permet des mouvements sans friction. Dans l’arthrose, le cartilage qui recouvre l’extrémité des os s’abîme, s’effrite et devient de plus en plus fin. En outre, une inflammation des articulations rend les mouvements de plus en plus douloureux.

Les causes de la maladie sont multiples. L’arthrose peut se déclencher à la suite de chocs, de mouvements répétitifs, ou tout simplement avec l’âge. De plus en plus de personnes jeunes souffrent de cette pathologie, en raison notamment de l’augmentation des cas d’obésité (les articulations devant supporter un poids plus important, le cartilage s’use plus rapidement).

Aujourd’hui, seuls des traitements permettant de ralentir la progression de la maladie et de soulager les douleurs existent. On prescrit par exemple des antiinflammatoires. Un gel d’acide hyaluronique peut aussi être injecté localement pour « lubrifier » l’articulation. Cependant, il est rapidement dégradé par l’organisme. En quelques jours, il perd son efficacité, ce qui oblige à des injections fréquentes et donc un traitement lourd pour le patient.

Pour améliorer l’efficacité des injections de gel d’acide hyaluronique, Eric Allémann, Olivier Jordan et Pierre Maudens ont modifié les chaînes de polymères du gel d’acide hyaluronique pour qu’il s’assemble sous la forme de nanoparticules à la température corporelle. Avec cette structuration, les enzymes de l’organisme dégradent beaucoup moins vite les molécules et les nanoparticules agissent comme des roulements à billes dans les articulations. Testées chez la souris, ces nanoparticules subsistent plusieurs mois avant d’être éliminées par l’organisme.

En parallèle, l’équipe genevoise a étudié une autre piste thérapeutique reposant sur la kartogénine. Cette molécule avait prouvé son efficacité dans la lutte contre l’arthrose lors d’essais précliniques en 2012. Les chercheurs ont testé un traitement local par injection de kartogénine. Délivrer ce principe actif directement dans l’articulation permet de réduire drastiquement la quantité nécessaire et ainsi de minimiser les effets secondaires.

Pour obtenir un effet prolongé, les chercheurs ont encapsulé le composé sous forme de nanocristaux dans des particules de 10 micromètres de diamètre. Ces microparticules composées de polymères biodégradables restent dans l’articulation plusieurs mois et libèrent progressivement le principe actif. Les scientifiques ont constaté qu’avec ce traitement, le cartilage du genou chez des souris arrêtait non seulement de se dégrader, mais il avait aussi gagné en épaisseur chez certains individus. À terme, il est possible d’imaginer un traitement combinant ces deux approches avec des nanoparticules d’acide hyaluronique servant de lubrifiant et protégeant le cartilage le temps que la kartogénine agisse et répare le cartilage.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

UNIGE

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