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Des liens entre Alzheimer et Parkinson

Les maladies d'Alzheimer et de Parkinson auraient-elles en partie le même déterminisme génétique ? C'est ce que suggère une première étude réalisée par des spécialistes américains de génétique des populations. Les chercheurs dirigés par le professeur Margaret Pericak-Vance, première lauréate, l'an passé, du prix scientifique Louis D.-Institut de France (voir encadré), étudiaient les cartes génétiques de plus de 500 familles de patients atteints à des âges très variés par l'une ou l'autre maladie. Ils ont alors eu l'idée de combiner les deux groupes pour rechercher si l'âged'apparition des deux maladies pouvait être associé à un facteur génétique commun. Et là, surprise, une même région sur le chromosome 10 s'est révélée commune aux deux pathologies, désignant pour la première fois un possible marqueur de risque partagé par les deux maladies. « Cette découverte est à la fois intéressante et très originale, observe le docteur Marie-Christine Chartier-Harlin, spécialiste à l'Inserm des facteurs de susceptibilité génétique aux maladies neurodégénératives, même si elle doit maintenant être confirmée. » D'ailleurs, des similitudes apparaissent déjà manifestes dans les marques pathologiques de ces deux maladies. Du point de vue clinique, beaucoup de patients atteints de la maladie d'Alzheimer développent des troubles du mouvement retrouvés dans la maladie de Parkinson, tandis que cette dernière comporte parfois des signes de démence caractéristiques de la maladie d'Alzheimer. « Au niveau cérébral également, un déficit enzymatique au niveau d'un même groupe de cellules nerveuses, dans le noyau basal de Meynert, est observé dans les deux pathologies ; et la présence dans le cerveau d'amas protéiques appelés corps de Lewy, caractéristiques de la maladie de Parkinson, est aussi notée chez certains malades atteints de la maladie d'Alzheimer, ajoute le docteur Chartier-Harlin. Enfin, pour ces deux maladies neurodégénératives affectant tardivement les patients, un processus inflammatoire comparable semble à l'oeuvre, marqué par une activation du métabolisme oxydatif ». En revanche, aucun facteur de susceptibilité génétique commun n'a encore été clairement identifié, ce qui rend d'autant plus remarquable le résultat issu du Center for Human Genetics de Durham en Caroline du Nord. Pour ce qui est de la maladie d'Alzheimer, dès 1990, chez quelques rares familles atteintes héréditairement, des mutations dans le gène de l'APP, une protéine dont un fragment se retrouve en amas caractéristiques dans le cerveau de tous les patients atteints, ont été découvertes. Mais ce premier succès reste isolé, les mutations de l'APP n'expliquant qu'un nombre infime de cas et pas la forme sporadique de la maladie, de loin la plus répandue. Si, du côté de la maladie d'Alzheimer, le gène de l'ApoE4 constitue un facteur de risque, aucun indice génétique comparable n'est encore apparu pour la maladie de Parkinson, même si la recherche progresse rapidement. Après le travail de repérage chromosomique effectué grâce à la génétique des populations, les chercheurs vont en effet pouvoir passer à l'étape moléculaire d'identification des gènes responsables de ces maladies, notamment à partir des tissus nerveux de patients dûment autopsiés. Un travail final qui risque, selon de nombreux spécialistes, d'échapper à la recherche française, les chercheurs ayant beaucoup de mal à recueillir le consentement écrit des familles exigé dans notre pays pour effectuer des prélèvements sur les patients décédés.

Figaro :

http://www.lefigaro.fr/sciences/20020612.FIG0178.html

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