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Les Japonais tentent de percer les secrets de l'écorce terrestre

Etudier l'évolution du climat ou encore percer les mystères des séismes : c'est le programme ambitieux du Chikyu, navire de recherche japonais lancé l'an dernier, doté du plus grand trépan de forage sous-marin jamais conçu et d'un laboratoire flottant sophistiqué.

Concentré de technologie, le bâtiment de 210 mètres de long, évalué à 57 milliards de yens (407 millions d'euros), a passé un premier test grandeur nature en novembre. Il a foré en profondeur le plancher océanique au large du Japon, récoltant des échantillons prometteurs. "Leur valeur scientifique est immense", souligne le géologue Daniel Curewitz, montrant les longs tubes de sédiments recueillis. Avec son gigantesque mât de forage, le Chikyu ("terre" en japonais) est capable de sonder à 7.000 mètres sous les fonds marins, selon les responsables du projet. Il devrait ainsi faire beaucoup mieux que le forage de 2.111 mètres de profondeur sous le plancher océanique réalisé par le navire américain Joides Resolution. "Au-delà de 2.000 mètres, nous ouvrirons une nouvelle frontière dans les sciences de la Terre", explique le géologue Asahiko Taira, directeur général du Centre japonais pour l'exploration des profondeurs terrestres.

Le trépan peut atteindre des profondeurs inédites grâce à une nouvelle technologie du "riser", long tube qui enveloppe le trépan au-dessus du fond de l'océan et aspire les débris générés par le forage. Le Chikyu est également équipé d'un système de positionnement dynamique qui permet au bâtiment de rester dans un périmètre de 30 mètres de diamètre. Le but est d'empêcher une dérive du navire qui risquerait de tordre le trépan enfoncé dans le sol. Des échantillons prélevés dans le manteau terrestre, une région que l'homme n'a pas encore atteinte, pourraient livrer une moisson d'informations scientifiques importantes, note M. Curewitz. Les échantillons peuvent être analysés dans le laboratoire du navire mais le Japon a également créé un centre de recherche à Kochi (sud-ouest) pour des examens plus approfondis.

Les domaines de recherche sont variés : l'évolution du climat au fil des siècles, la dynamique des plaques ou encore les écosystèmes marins et les extrémophiles, organismes vivant dans des conditions extrêmes. La découverte d'organismes résistant à la chaleur intense et à la pression régnant dans le manteau terrestre pourrait par exemple fournir des indices sur la manière dont la vie est apparue et a évolué sur Terre.

Après une année 2006 passée à subir des tests, le Chikyu tentera à partir de l'an prochain de percer les mystères des séismes meurtriers, un sujet de préoccupation majeur au Japon. Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, l'archipel subit de fréquents tremblements de terre. Face au danger, le Japon dispose d'un vaste réseau de détection et d'alerte. Mais malgré des décennies d'efforts, il n'est toujours pas possible de prévoir l'imminence d'un séisme.

Le Chikyu conduira sa première mission dans la "dépression de Nankai", une région du Pacifique à l'origine de puissants séismes au large du sud-ouest du Japon. Là, les géologues espèrent réaliser une première en sondant le sous-sol marin à la limite entre les plaques océanique et continentale dans une zone dite "sismogène". Les chercheurs comptent également installer des capteurs dans les orifices creusés par le Chikyu et les relier à un câble au fond de l'océan pour disposer d'un système de détection rapide des mouvements des plaques sous la mer.

Mais même ainsi, la possibilité de prédire des séismes sera très limitée : les chercheurs espèrent parvenir à annoncer une secousse trente secondes à l'avance, ce qui serait évidemment trop peu. Le géologue Asahiko Taira nourrit toutefois des espoirs pour l'avenir : "Nous serons peut-être capables de diffuser une alerte en temps réel qui pourra sauver des vies."

AP

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