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Enfin un métier à filer les nanotubes de carbone

Cent fois plus résistants et six fois plus légers que l'acier, très bons conducteurs, déformables sous un champ électrique, les nanotubes de carbone ont tout pour devenir les composants rois des matériaux de demain. Malheureusement, depuis leur découverte en 1991, ces minuscules cylindres de graphite restent cantonnés aux laboratoires de recherche. Leur utilisation en industrie fait face à de nombreux obstacles, tant pour leur synthèse que pour leur mise en forme. Dans ce dernier domaine, une équipe de scientifiques français vient néanmoins de faire un pas capital. Leur méthode, applicable à grande échelle, permet en effet de créer des fibres et des rubans de nanotubes. Ce nouveau procédé, breveté en février dernier par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), est basé sur la capacité d'une solution de polymère à agréger les cylindres. Les méthodes de synthèse employées aujourd'hui (une décharge électrique entre des électrodes de carbone en présence un catalyseur métallique, l'illumination intense d'un mélange de carbone et d'un catalyseur ou, plus récemment, la décomposition d'un mélange similaire sous très hautes température et pression) ne produisent en effet qu'une suie, assemblage de nanotubes en désordre et d'impuretés, difficile à manipuler. Cette suie, les chercheurs du Centre de recherche Paul Pascal, à Bordeaux, l'ont d'abord diluée dans une solution contenant un "savon", afin de disperser les nanotubes de façon homogène. Puis, à l'aide d'une aiguille ou d'une canule, ils ont injecté la suspension dans une autre solution en rotation, composée cette fois d'un polymère capable de la déstabiliser et d'agréger les nanotubes. C'est le courant qui leur a conféré leur alignement. "Nous pouvons ainsi obtenir un ruban de 0,1 à 1 millimètre de largeur, 50 microns d'épaisseur et 10 à 30 centimètres de longueur", se félicite Philippe Poulin, l'un des inventeurs du procédé. Le potentiel industriel de cette méthode a rapidement été remarqué. Le CNRS a fourni une licence d'exploitation du brevet à Nanoledge, société créée pour la commercialisation de nanotubes et de fibres. "La commercialisation des rubans devrait commencer dès l'année prochaine, indique Philippe Poulin.

Infosciences :

http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=526

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