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Commotion cérébrale : un refroidissement contrôlé des cellules du cerveau pour limiter les dégâts

Les commotions cérébrales sont des traumatismes crâniens définis comme un processus physiopathologique complexe touchant le cerveau, induit par des forces biomécaniques entraînant rapidement une brève altération de la fonction neurologique qui se rétablit spontanément. Une commotion cérébrale peut résulter d’un impact direct à la tête, au visage, au cou ou d’un choc sur une autre partie du corps transmettant une force impulsive à la tête.

Les personnes souffrant d’un choc de ce genre peuvent ensuite souffrir de maux de tête, de vertiges, de fatigue, de troubles de la vision, de difficultés de concentration, d’irritabilité ou encore de sensibilité aux sons et à la lumière. Si dans la plupart des cas, ces symptômes disparaissent spontanément au bout de quelques jours ou semaines, il arrive qu’un choc traumatique puisse avoir de plus lourdes conséquences, entraînant une neurodégénréscence à l’origine de problèmes de santé durables et potentiellement dévastateurs.

Les sportifs, exposés à des risques de commotions cérébrales répétées sont ainsi plus susceptibles de développer des troubles comme Parkinson ou Alzheimer. Toutefois, une nouvelle étude américaine montre que ces risques pourraient être sensiblement diminués en ayant recours à un simple refroidissement soigneusement contrôlé (en termes d'intensité et de temps) du cerveau.

Pour en arriver à ces conclusions, les ingénieurs de l'Université du Wisconsin-Madison (Etats-Unis), ont mené des expériences sur des cellules de cerveau dans une boîte. Ils ont d’abord créé un réseau de neurones dans une antenne parabolique et ont délivré un stimulus mécanique simulant le type de blessure et de dommage cellulaire que subissent les patients lors d'une commotion cérébrale.

Puis, ils ont refroidi les cellules blessées séparément à quatre températures différentes. Ils ont alors constaté que les cellules étaient mieux protégées quand elles étaient conservées à 33°C. Le refroidissement à 31° a, quant à lui, eu un effet néfaste. “Il y a donc un risque de trop refroidir”, analyse Christian Franck, qui a dirigé l’étude.

Le temps semble également être un facteur clé. Ainsi, pour que la protection soit optimale, le refroidissement doit commencer dans les quatre heures suivant la blessure et se poursuivre pendant au moins six heures, ont remarqué les chercheurs. Toutefois, 30 minutes seulement ont suffi à montrer certains avantages, selon Christian Frank.

En respectant ces paramètres bien précis, même après avoir subi un traumatisme, les cellules continuent de fonctionner normalement, ont découvert les chercheurs. Après six heures de refroidissement, ils ont ensuite ramené les cellules cérébrales commotionnées à une température corporelle normale pour voir si le réchauffement allait provoquer l'activation des voies biochimiques dommageables.

Ils ont alors pu constater avec surprise « que les interrupteurs moléculaires sont restés éteints — de façon permanente — pendant toute la durée de l'expérience en laboratoire », s’enthousiasme Christian Franck. « Ces voies sont comme un mauvais interrupteur moléculaire dans le cerveau », explique-t-il.

« On ne peut pas refroidir trop peu, on ne peut pas refroidir trop, et on ne peut pas attendre trop longtemps après une blessure pour commencer le traitement ». Toutefois, selon Christian Frank, une fois ces faiblesses identifiées, « j'ai été surpris de voir à quel point le refroidissement fonctionnait bien. Il n'existe actuellement aucun traitement médical efficace pour les commotions cérébrales et autres types de traumatismes crâniens. Nous sommes très enthousiastes à propos de nos découvertes car elles pourraient ouvrir la voie aux traitements que nous pouvons offrir aux patients », se félicite-t-il.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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