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Chauffage : monter à 50 % la part des énergies renouvelables en 2025

La France peut se fixer un objectif de 50 % de couverture de ses besoins en chauffage par énergies renouvelables "locales" (biomasse, déchets, géothermie) d'ici une génération, préconise un rapport sénatorial publié le 5 juillet. Les collectivités territoriales ont un "rôle essentiel" à jouer dans le développement des énergies renouvelables thermiques, qu'impose le double défi du changement climatique et de l'après-pétrole, selon le rapport des sénateurs UMP Claude Belot et Jean-Marc Juilhard. Intitulé "énergies renouvelables et développement local", le document souligne qu'avec 35 % de la consommation, le chauffage constitue "le premier poste énergétique en France".

Le chauffage consomme dans notre pays 56 millions de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep) contre 50 pour les transports, 40 pour la production industrielle et 18 pour l'électricité spécifique, c'est-à-dire celle qui ne peut être remplacée par aucune autre énergie.

Considérant que les besoins de chaleur sont couverts à 80 % par des énergies fossiles, les rapporteurs estiment qu'"avec une forte volonté politique, la France peut se fixer l'objectif de 50 % de ses besoins thermiques à partir d'énergies locales d'ici une génération". Leur principale recommandation porte sur la construction de "réseaux de chaleurs alimentés par des énergies locales (biomasse, déchets, géothermie)", ce qui relève essentiellement des pouvoirs publics locaux.

Le rapport insiste sur le "gisement considérable de chaleur d'origine renouvelable" que constitue la biomasse : ressources forestières, en constante progression, ou sous-produits de l'agriculture et de l'élevage. De même la géothermie, au "potentiel de développement immense", et dont "le gisement apparaît totalement sous-exploité", quelque 150.000 logements, dont la moitié en Ile-de-France y ayant recours.

En matière d'énergie solaire, la France "accuse un retard assez net par rapport à certains de ses voisins européens pourtant moins ensoleillés", alors que le solaire thermique "permet d'économiser annuellement jusqu'à 35 % sur le chauffage et 50 % sur l'eau chaude", écrivent les rapporteurs. Ils explorent aussi la piste des "énergies fatales" (chaleur libérée par l'incinération des déchets ménagers, ou valorisation du biogaz issu de la fermentation sur les décharges). Au total, ils font valoir que "l'énergie thermique est une énergie par nature locale, décentralisée, à la différence de l'énergie électrique, qui se transporte aisément dans un réseau".

En conclusion, les auteurs de ce rapport recommandent que la France affiche une forte et claire volonté politique et se fixe un objectif ambitieux mais réaliste : couvrir 50 % de ses besoins thermiques à partir d'énergies renouvelables d'ici une génération (contre seulement 20 % en 2006).

Cet objectif ambitieux ne pourra être atteint sans mener, en parallèle, des actions d'efficacité énergétique, portant en particulier sur les constructions neuves. En effet, le parc de logements se renouvelle relativement peu (1 % par an, soit 300.000 logements neufs) et les biens construits ont une espérance de vie statistique de 50 ans, à un horizon où l'énergie fossile sera nécessairement rare et chère. A cet égard, les rapporteurs regrettent que la réglementation thermique 2005, qui n'entrera du reste en vigueur que le 1er septembre 2006, fixe une consommation moyenne annuelle à 80 kWh par m² et par an, objectif qui ne paraît pas suffisamment ambitieux. Avec un objectif de 20 kWh par m² et par an, le surcoût à la construction serait certes de 10 % mais il serait amorti en seulement 18 mois par les économies d'énergie ainsi réalisées.

Rapport du Sénat

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