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Canicule : l'Europe se prépare au changement climatique

Après la canicule d'août 2003, de nombreux pays européens ont appliqué chaque année des plans d'actions comprenant des mesures d'alertes et de surveillance ainsi qu'une modification des infrastructures existantes. La vague de chaleur de juillet 2006 est venue confirmer l'utilité de ces actions. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 5 juin, intitulé «Eté 2006 : premier épisode caniculaire majeur après la catastrophe de 2003» se penche sur la question. «A la veille de l'été 2007, il est important de tirer le bilan des conséquences sanitaires de la vague de chaleur de 2006. D'autant que pour la première année depuis qu'il existe, le plan national canicule a été mis durablement et largement à l'épreuve», y explique Gilles Brücker, directeur général de l'InVS.

En France, le mois de juillet 2006 a été le plus chaud des mois de juillet depuis 1950, et le mois le plus chaud après celui d'août 2003. D'après les chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), la surmortalité en France durant la période du 11 au 28 juillet 2006 a été de l'ordre de 2.000 décès. Mais Gilles Brücker pose la question : quelle aurait été cette mortalité «si elle avait été celle que l'on aurait dû observer face à une telle variation de températures» ? En d'autres termes, sans prévention et mesures exceptionnelles, combien de personnes seraient-elles mortes pendant cette période ?

D'après l'équipe du docteur Didier Hamon, de l'Inserm, si un excès de mortalité a bien été observé en juillet 2006, il a été trois fois moins important que ce qu'il aurait été au regard des études antérieures de modélisation chaleur/mortalité. Un sujet qui est au coeur des interrogations des chercheurs Simon Hales, Christina Koppe, Franziska Matthies et Bettina Menne. «Dans la majeure partie de l'Europe de l'Ouest, la vague de chaleur de 2006 était moins sévère que celle de 2003. Il n'est donc pas possible de faire correspondre la baisse de la mortalité signalée dans ces pays à la seule efficacité des plans Canicule», estiment ces chercheurs. «Il n'est pas encore possible d'arriver à une conclusion avec les données disponibles actuellement», précisent-ils.

Mais selon eux, cela ne fait aucun doute : au regard des changements climatiques à venir, les actions d'urgence organisées en Europe doivent être pérennisées. «En Europe, on prévoit que les températures extrêmes de 2003 seront courantes d'ici quelques décennies. Les vagues de chaleur seront probablement de plus longue durée dans l'avenir et leur intensité sera encore renforcée», préviennent-ils. D'où l'importance de réfléchir à la façon dont les pays européens doivent s'adapter structurellement aux changements climatiques. Les mesures technologiques seules, type climatisation, ne suffiront pas à se prémunir contre la montée des températures. Gourmands en énergie, souvent onéreux, les systèmes de climatisation ne feront qu'aggraver l'inégalité sociale face aux grosses chaleurs.

Conclusion : «Les plans Canicule doivent faire partie intégrante d'une politique générale d'économie d'énergie et de réduction des émissions de gaz à effet de serre». Eté comme hiver, les pays européens devront prendre en compte le facteur canicule dans la conception des villes et des logements, dans les dépenses énergétiques, les plans de santé publique ou la politique des transports. Le début d'une nouvelle ère.

JDE

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