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Une base de données mondiale pour cerner le cancer

L'International Cancer Genome Consortium (ICGC) vient d'annoncer un projet pharaonique : séquencer 25 000 génomes sélectionnés parmi une cinquantaine de cancers différents. Cet effort international a été présenté par la prestigieuse revue Nature. Une entreprise dont les premiers résultats donnent déjà le vertige aux scientifiques qui cherchent à trouver du sens dans cet épais brouillard de données.

Il faut dire que le terrain de prospection est vaste. Le cancer est en effet le fruit de complexes mutations génétiques qui perturbent les fonctions normales des cellules et mènent à leur croissance incontrôlable. Dresser systématiquement le tableau des modifications qui se produisent dans chaque cancer est long et fastidieux. L'exercice n'en demeure pas moins fondamental pour qui cherche de nouvelles stratégies en matière de prévention, de diagnostic et de traitement.

En deux ans, le consortium a déjà eu le temps d'identifier des centaines d'anomalies comme des séquences inversées ou d'infimes mutations qui constituent autant de pistes à explorer. Diffusées hier pour la première fois, ces données ont été mises gratuitement à la disposition des chercheurs du monde entier dans l'espoir les aider à décrypter les clés qui leur permettront de mieux comprendre ce mal multiforme.

t ce n'est là qu'un début, raconte l'éthicienne montréalaise Bartha Maria Knoppers, qui participe à l'aventure. «Cette semaine seulement, deux-trois nouveaux projets se sont ajoutés en Europe, raconte la directrice du Centre de génomique et politiques du Centre d'innovation Génome Québec-Université McGill. Il s'agit d'une formule qui illustre à merveille la façon moderne de faire de la science en mettant en commun les efforts des meilleurs chercheurs au monde plutôt que de les mettre en compétition.»

Cette émulation rapporte déjà gros, mais promet encore plus au fur et à mesure que la banque se construira et s'étoffera. Au risque d'être même enseveli sous les données, prévient le chercheur américain à Johns Hopkins, Bert Vogelstein, dans Nature. «La difficulté sera de figurer comment utiliser ces informations pour aider les gens et non pas se contenter de cataloguer pleins de mutations.»Formé d'une douzaine de pays, dont le Canada, l'Australie, la Chine, l'Espagne, l'Inde et les États-Unis, le consortium espère à terme faciliter la mise au point de traitements sur mesure pour chaque patient.

Les dirigeants de l'ICGC feront une présentation sur l'avancement de leurs projets au congrès annuel de l'American Association for Cancer Research qui se tiendra à Washington la semaine prochaine.En 2007, plus de 7,5 millions de personnes sont mortes du cancer et plus de 12 millions de nouveaux cas ont été diagnostiqués dans le monde. Si les choses se poursuivent à ce rythme, ce sont 17,5 millions de personnes qui mourront du cancer en 2050 et 27 millions de nouveaux cas qui seront diagnostiqués.

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