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Les abeilles tentent de s'adapter à certains pesticides...

Une étude française réalisée sur des abeilles exposées au traitement des semences de colza au thiaméthoxame, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, révèle que la proximité des parcelles traitées diminue l’espérance de vie des butineuses.

Pour cette expérimentation grandeur nature, les chercheurs ont équipé 7000 abeilles de micropuces RFID permettant de surveiller leur entrée/sortie de la ruche. Les abeilles pouvaient butiner dans un territoire agricole de 200 km² comprenant quelques parcelles de colza dont les semences étaient traitées à l’insecticide de la famille des néonicotinoïdes, le thiaméthoxame.

Les résultats montrent que le risque de mortalité des abeilles augmente selon l’exposition des ruches. Ce gradient d’exposition est une combinaison à la fois de la taille des parcelles et de leur distance à la ruche. L’effet de l’exposition s’accroît progressivement au cours de l’avancement de la floraison du colza, allant d’un risque moyen de mortalité de 5 à 22 %.

Cependant, les chercheurs n’ont pas observé d’altération des performances des ruches exposées. Les quantités de miel produites n’ont pas été impactées par le gradient d’exposition aux cultures issues des semences traitées à l’insecticide. Les hypothèses avancées portent sur la mise en place, au sein de la ruche, de mécanismes de régulation démographique des colonies permettant de compenser la surmortalité des individus. Les colonies étudiées ont conservé des effectifs d’ouvrières  et de butineuses suffisants pour maintenir la dynamique de production du miel.

En levant le voile sur la complexité des mécanismes biologiques mis en jeu, cette étude souligne la difficulté d’évaluer précisément les risques encourus par les abeilles en situation réelle d’exposition aux traitements phytosanitaires. Ces risques sont mesurables à large échelle spatiale et se traduisent sur les ruches par des effets biologiques retardés qui ne sont pas à ce jour pris en compte par les autorités sanitaires.

Les auteurs de l’étude confirment l’importance de mesurer les effets chroniques de faibles doses dans l’évaluation de la toxicité des pesticides avant leur mise sur le marché ainsi que de possibles effets cumulatifs entre différentes matières actives.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

RSPB

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