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Sous serre, lâcher de prédateurs contre les insectes ravageurs

Saint-Just-Saint-Rambert (département de la Loire). Albert Delimard accueille chaque semaine des techniciens de la Station d’expérimentation Rhône-Alpes pour ausculter sa culture aux méthodes naturelles.

Sous la serre, accrochés aux plants de tomates ou d’aubergines, des rectangles de couleur sont suspendus. Ce n’est pas pour faire joli, ce sont des pièges. C’est la méthode choisie par Albert Delimard, maraîcher à Saint-Just-Saint-Rambert, pour produire des légumes selon une méthode naturelle sans l’utilisation de pesticides ou autres produits plus ou moins toxiques. Il est le seul exploitant de la Loire à collaborer avec la Serail (Station d’expérimentation Rhône-Alpes et d’information sur les légumes). Chaque semaine, Nadine Treuvey et Alexandre Burlet font le trajet depuis Brindas, dans le Rhône, pour le suivi des méthodes préconisées.

Les pièges sont des rectangles bleus parfumés aux hormones sexuelles. Les thrips sont des insectes attirés par cette couleur et aussi par leurs instincts de reproduction. Voilà comment ils sont punis pour avoir pénétré ces serres remplies de légumes qu’ils viennent piquer et sucer. C’est à cause de ces petits insectes qu’on peut observer parfois de minuscules tâches jaunes sur les tomates. Outre le fait que les légumes sont moins beaux, le rendement est moindre.

Une autre technique vise à lâcher des insectes prédateurs de ces thrips en début de saison. Il s’agit de punaises qui investissent les lieux puis s’y reproduisent et le cycle peut alors démarrer. Ces punaises vont faire leur miel des mouches blanches, chenilles, thrips et autres acariens. Ce mode de culture n’est pas très courant. Albert Delimard avoue que cela lui revient plus cher et lui demande plus de temps. Mais c’est la philosophie qu’il transmet à son fils à qui il passe le relais de l’entreprise.

Dans la même lignée, il utilise la « désinfection solaire » pour venir à bout de ses mauvaises herbes. Le principe est tout simple. Il étale un film plastique sur les terres qui ne produisent pas pendant les deux mois d’été. Mauvaises herbes et champignons sont détruits par le simple effet de la chaleur. Et la terre est ensuite prête pour un nouveau semis. Le paillage des cultures avec des couvertures biodégradables, le binage, même s’il est désormais mécanique, sont des recettes ancestrales qui portent leurs fruits.

Les techniciens de la Sérail sont satisfaits de leur élève. « Notre rôle est de vulgariser les techniques mises au point dans la station pour que les producteurs se les approprient. Le but est de limiter les traitements chimiques ». Quant à Albert Delimard, il dit aimer cultiver ses légumes « avec le cœur et l’intelligence » et il espère que le consommateur est guidé par ces mêmes principes. Ainsi, il savourera des produits du terroir authentiques.

Le Progrès

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