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La sonde NEAR se pose sur l'astéroïde Eros

La NASA a réussi le 12 février dernier une manoeuvre jamais tentée auparavant dans l'histoire de la conquête spatiale: faire atterrir en douceur une sonde sur un astéroïde. Deux jours avant la Saint-Valentin, la sonde NEAR Shoemaker a réussi son rendez-vous amoureux avec l'astéroïde Eros, un petit astre mort en forme de patate d'environ 33 kilomètres de long et 13 km de diamètre, en perdition dans l'immensité du système solaire. Nommé d'après le dieu grec de l'amour, Eros se trouvait alors à 316 millions de km de la Terre. Après une longue "descente contrôlée" de quatre heures et demie à partir d'une altitude de 35 km, la sonde NEAR s'est posée à l'heure prévue sur la surface désolée de l'astéroïde et a survécu à la manoeuvre audacieuse. "J'ai le plaisir d'annoncer que la sonde NEAR s'est posée sur la surface d'Eros. Nous continuons de recevoir un signal, donc il semble évident qu'elle transmet toujours depuis la surface", a déclaré Robert Farquhar, directeur de la mission NEAR au laboratoire de physique appliquée (APL) de l'Université Johns Hopkins, à Laurel (Maryland). Il s'agit d'une première pour la NASA. "C'est la première fois qu'une sonde se pose sur un petit corps céleste", a-t-il lancé, sous les applaudissements de ses collègues. Au fur et à mesure de sa descente, la sonde a envoyé vers la Terre jusqu'au moment de l'impact une série de photographies spectaculaires de la surface de l'astéroïde parsemée d'énormes cratères et de gros rochers. NEAR (Near Earth Asteroid Rendezvous), qui pèse plus de 500 kg, s'est posée à "une vitesse relativement basse qui lui a permis de survivre à l'atterrissage", a indiqué l'un des porte-parole de l'APL, Michael Buckley. La vitesse d'impact était comprise entre 5,4 km et 6,5 km/h, l'équivalent d'un atterrissage un peu rude en parachute durant la Deuxième guerre mondiale, selon la NASA. La faible gravité sur l'astéroïde (un millième de la gravité terrestre) a facilité ce relatif "atterrissage en douceur". La NASA tentait là un véritable pari car la sonde n'avait été conçue à l'origine que pour une mission orbitale. Suivant une première manoeuvre de désorbitage qui avait permis de faire descendre la sonde de son orbite circulaire de 35 km à une altitude de 25 km, les ingénieurs ont procédé à une série de quatre mises à feu télécommandées des moteurs du vaisseau, respectivement à cinq, trois, un kilomètre d'altitude et finalement à 400 m. Ces manoeuvres ont permis de freiner la descente avant l'impact et de ralentir la vitesse de la sonde de 32 km/h à 8 km/h. Avec cette mission inédite, la communauté scientifique espère en apprendre davantage sur la composition des astéroïdes, véritables vestiges des origines de l'Univers. Découvert en 1898, Eros 433 est un astéroïde de type "S", une de ces petites planètes rocheuses en orbite elliptique autour du Soleil et dont la taille n'excède généralement pas quelques centaines de km. Certains astéroïdes frôlent fréquemment notre planète. En 1975, Eros est passé à seulement 22 millions de km de la Terre. Les astronomes estiment qu'un risque minime de collision est possible dans 1,5 million d'années. Depuis son lancement en 1996, NEAR a parcouru quelque 3,2 milliards de km et se trouvait depuis février 2000 sur orbite autour d'Eros, dont elle a pris plus de 160.000 photos. Sur l'astre, elle a déjà détecté la présence de magnésium, de silicium et d'aluminium, ce qui indique que ce corps céleste est une relique quasi intacte de la formation du système solaire à partir des gaz et poussières stellaires.

AFP : http://fr.news.yahoo.com/010212/1/wff9.html

NASA : http://www.nasa.gov/

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