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Des satellites pour produire de l'énergie dans l'espace

Capter l'énergie solaire dans l'espace et la transmettre à la Terre par laser infrarouge : tel est le projet ambitieux qu'Astrium, la filiale spatiale d'EADS, espère concrétiser à l'horizon 2020. «L'espace a été le grand absent du sommet de Copenhague sur le climat», a déploré devant la presse, son président François Auque, en rappelant l'immense contribution des satellites à la compréhension de la «machine» climatique (Nimbus, Landsat, Spot, Envisat...) et en mettant l'accent sur le potentiel futur des technologies spatiales, trop souvent ignoré des décideurs et du grand public.

«Nous allons financer sur fonds propre un démonstrateur d'une puissance de 20 à 50 kW capable de fournir une source d'énergie propre et inépuisable, poursuit-il. À terme, il sera possible d'alimenter en électricité solaire des bateaux, des zones isolées ou sinistrées, comme c'est le cas en ce moment en Haïti, mais aussi des avions ou des stations fixes au sol.»

«Le bilan énergétique de la planète ne va pas dans le bon sens, note Robert Lainé, directeur technique d'Astrium et l'un des inspirateurs du projet. La Terre est un système fermé. À long terme, le seul moyen d'équilibrer ce bilan consiste à aller chercher l'énergie à l'extérieur, autrement dit celle qui nous est fournie gratuitement par le Soleil.» Ensuite, contrairement à il y a trente ans, l'industrie spatiale maîtrise un certain nombre de technologies clés, comme les satellites de forte puissance, les miroirs, le photovoltaïsme et, bien sûr, le rayonnement laser, dont on fête cette année le cinquantenaire de la découverte.

«Outre l'amélioration de l'efficacité du transfert d'énergie par laser, l'essentiel de ce qu'il reste à développer dans les prochaines années concerne les équipements de réception au sol», confie M. Lainé. Mais les travaux menés par Astrium en collaboration avec l'université britannique de Surrey ont donné des résultats encourageants : le rendement énergétique de la réception du faisceau, mesuré sur des diodes, peut atteindre 80 %, un niveau exceptionnellement élevé.

Autre avantage de ces futures centrales orbitales : les grandes quantités de chaleur produites lors de la transformation de l'énergie solaire en électricité, dont le rendement atteint au mieux 20 ou 25 %, seront dissipées dans l'espace. Seule l'énergie utile, le laser, sera acheminée vers la Terre. «Sur le plan sanitaire, il n'y a aucun problème, dans la mesure où nous travaillons dans l'infrarouge (longueur d'ondes de 1,5 micron) avec un faisceau dont la puissance au sol est équivalente à celle du rayonnement solaire, soit 1 000 watts par mètre carré», assure Robert Lainé. Les Japonais, qui travaillent sur un projet du même type, ont opté quant à eux, pour une transmission par micro-ondes qui risque néanmoins d'être moins bien acceptée par les populations.

Une fois le démonstrateur mis sur orbite et validé, soit aux alentours de 2020, l'étape suivante pourrait se traduire par l'assemblage progressif, au fur et à mesure des besoins, d'un ou plusieurs complexes orbitaux d'une puissance pouvant atteindre plusieurs gigawatts, l'équivalent de plusieurs centrales nucléaires.

Figaro

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