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La réalité augmentée s'impose dans l'urbanisme

La start-up française XXII a fait la démonstration au CES 2019 d'une application en réalité augmentée qu'elle a mis au point pour le compte d'Enedis. Elle permet aux techniciens du gestionnaire du réseau électrique français de voir les lignes électriques à travers le sol et ce avec une grande précision. Le résultat est un gain de 25 % sur le temps d'intervention par rapport aux plans papier utilisés jusqu'ici.

La maintenance du réseau électrique d’une ville n’est pas chose aisée. Pour réparer une panne, les techniciens doivent arpenter les rues à l’aide de plans papier, à l’écoute de défauts qui ne peuvent être perçus que lorsque des impulsions sont envoyées sur le réseau depuis une camionnette spécialisée. Ce type d’opération prend rarement moins de 4 heures et peut occuper une équipe jusqu’à deux jours.

Enedis a décidé de transformer la façon dont elle gère ces opérations grâce à la réalité augmentée. L’opérateur réseau a fait appel pour ce faire à la start-up XXII, fondée en 2015 à Paris et spécialisée dans les technologies immersives et l’intelligence artificielle.

Ils ont développé ensemble une application capable de convertir les plans 2D historiques d’Enedis en plans 3D, de calculer et ajuster leur position précise en temps réel à l’aide d’un smartphone et d’une balise GPS Trimble Catalyst, et de les afficher en réalité augmentée via un casque Microsoft HoloLens. Le tout réuni dans un casque de chantier.

Les bénéfices de ce nouveau système sont multiples. L’identification du réseau est plus rapide et plus fiable, avec la possibilité pour les techniciens de distinguer immédiatement les réseaux haute tension (HTA), basse tension (BT) et désaffectés. Cela évite également toute possibilité de confusion avec le réseau d’un autre concessionnaire.

La précision de la projection 3D est comprise entre 10 cm et 50 cm suivant la couverture GPS. Cela permet aux opérateurs de mieux localiser les zones sur lesquelles intervenir. Et en cas de perte de signal (par exemple dans un parking souterrain), les capteurs d’HoloLens peuvent prendre le relais.

Les 10 000 km de lignes électriques que gère Enedis dans la capitale sont cartographiés et stockés sur le casque, avec une limite d’affichage de 150 mètres vers l’avant et l’arrière de l’utilisateur pour respecter les limites de performance de l’appareil. Tout cela se traduit par une réduction du taux d’intervention d’une heure en moyenne, soit 25 %. Ce qui représente, pour une équipe de deux techniciens, une économie de 150 000 euros par an (à raison de 1500 interventions sur Paris).

L’innovation pour Enedis se trouve aussi du côté de la disponibilité en temps réel de l'information, avec des mises à jour instantanées qui garantissent une information fiable. A l’heure actuelle, cela prend entre 7 et 11 jours. S’ajoute à cela la possibilité pour le technicien de prendre et d’ajouter des photos à son rapport d’intervention. D’ici l’été, une évolution de l’application permettra d’afficher directement les défauts dans HoloLens. La gestion de l’élévation et de la profondeur des lignes est également en cours d’intégration.

Le projet est en phase pilote depuis deux mois à Paris, dans le 17e arrondissement. Il est utilisé par quatre techniciens. A terme, environ 250 casques pourraient être déployés par Enedis sur l’ensemble du territoire.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

L'Usine Digitale

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