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Pas de télévision numérique terrestre avant fin 2004 en France

La télévision numérique terrestre (TNT) ne pourra voir le jour, "dans la meilleure hypothèse", qu'à la fin 2004, estime Michel Boyon, ancien président de Radio France, dans un rapport remis vendredi au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Trois jours avant une réunion interministérielle, qui doit préluder lundi à la sélection par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) des opérateurs des 33 futurs canaux, ce rapport pointe les difficultés, notamment financières, de cette révolution numérique. La sélection des candidats sera effectuée dans un contexte "nettement moins favorable que celui, frôlant l'euphorie, qui prévalait lors de l'adoption de la loi du 1er août 2000", coup d'envoi du projet français de TNT, constate Michel Boyon. "Par la suite, des retards peu justifiés sont survenus, notamment en 2001", ajoute-t-il. "Aujourd'hui, la conjoncture économique générale, la situation du marché publicitaire, les difficultés dans lesquelles se trouvent certains acteurs de l'audiovisuel français, sont autant de freins à l'essor du projet." Pour Michel Boyon, la TNT, d'abord annoncée pour la fin 2002 puis la fin 2003, "ne pourra être effective, dans la meilleure hypothèse, qu'à la fin de 2004". Il n'en estime pas moins que la diffusion analogique des programmes de télévision, aujourd'hui encore largement prédominante en France (70% des foyers français) malgré l'essor de la diffusion numérique par câble ou satellite, est "appelée à disparaître à un terme encore imprévisible". La plupart des grands pays développés se sont lancés dans le développement de la TNT, qui n'est autre que l'extension de la diffusion numérique à la très classique télévision hertzienne, ce qui devrait permettre de multiplier par six les canaux disponibles. Ainsi, 33 canaux sont d'ores et déjà à attribuer : huit pour la télévision publique et 25 pour la télévision commerciale.

Michel Boyon estime qu'au moins six conditions doivent être remplies pour assurer la viabilité de la TNT :

- une offre de programmes attractive

- la résolution de problèmes techniques - mise en place d'émetteurs numériques, notamment - "sachant que la TNT ne pourra être opérationnelle que du jour où une couverture suffisante de la population sera assurée"

- l'engagement des fournisseurs à proposer des équipements numériques de réception (décodeurs, téléviseurs ...) "à un prix accessible"

- la mise en place d'un système de distribution

- le développement de la production française d'images

- la création d'un "lieu de concertation et de coordination" entre les partenaires du projet.

"Ces conditions relèvent largement de l'initiative privée, qui ne s'engagera qu'avec l'assurance de perspectives d'exploitation économique saines", souligne Michel Boyon. Autrement dit, "le succès de la TNT ne peut être qu'un succès de marché". Certaines de ces conditions relèvent de décisions de l'Etat, souligne aussi Michel Boyon - telles que l'augmentation de la redevance audiovisuelle pour financer la TNT publique. Mais celui-ci "doit aussi veiller au bon emploi des deniers publics". Il insiste cependant sur le fait que les pouvoirs publics "ne peuvent pas se désintéresser de la TNT" et invite le gouvernement à prendre rapidement position. De fait, le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, devrait s'exprimer sur le sujet au début de la semaine. On indique à Matignon que le gouvernement est favorable à la poursuite du développement de la TNT. Michel Boyon propose que l'Etat "accompagne" ce développement, notamment en "préfinançant" les premiers aménagements de fréquences, en favorisant une offre audiovisuelle publique numérique et en programmant l'arrêt des émissions analogiques en fonction du "rythme de renouvellement" des téléviseurs. Si toutes ces conditions sont remplies, il estime que les émissions de la TNT pourraient commencer en décembre 2004, avec un taux de couverture d'environ 40% de la population. "Après quoi, le seuil psychologique des 50% doit impérativement être atteint en 12 mois", ajoute-t-il. Pour Michel Boyon, au rythme actuel, les 110 "points hauts" permettant de couvrir environ 80% de la population ne seront pas opérationnels avant 2008.

Rapport de Michel Boyon sur la TNT : http://www.premier-ministre.gouv.fr/ressources/fichiers/boyon02.p

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