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Des micro-fossiles de deux milliards d'années

Les scientifiques français de l'Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie et ceux du Laboratoire magma et volcans, en collaboration avec l'Université de Californie à Los Angeles, ont pour la première fois identifié la présence de fragments de protéines relativement peu dégradés dans des micro-organismes fossilisés vieux de presque deux milliards d'années. Soit les plus anciens restes de protéines retrouvés dans des fossiles jusqu'à maintenant.

Ces recherches montrent que des molécules issues du vivant, pourtant considérées comme fragiles, peuvent être préservées au sein de roches très anciennes. Elles suggèrent aussi qu'il sera bientôt possible de reconstituer la nature chimique des plus anciennes formes de vie sur Terre, à partir de leurs restes fossiles. "L'idée n'est pas de refaire vivre les plus veilles formes de vie, mais de mieux comprendre leur chimie", précise Sylvain Bernard, co-auteur de l'étude et chercheur CNRS à l'Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie, interrogé par L'Express. "Nos travaux serviront à mieux identifier et comprendre ce que l'on regarde dans ces vieilles roches et à répondre à la question : Quand et sous quelles formes la vie est-elle apparue sur Terre ?"

Les premières formes de vie sur Terre demeurent méconnues du fait de la dégradation inévitable que subissent les micro-organismes piégés dans les roches au cours du temps. Il est en effet communément pensé que la chimie des micro-organismes fossilisés au sein des plus vieilles roches terrestres (celles de plus de deux milliards d'années) a été totalement dégradée au cours de leur histoire géologique. Mais ces recherches remettent en cause cette hypothèse.

Car les roches étudiées par les chercheurs dataient d'1,9 milliard d'années et abritaient bien des restes de micro-organismes de bactéries. "On parle d'une époque précédant l'apparition des eucaryotes -des premiers organismes unicellulaires- quand la vie n'était constituée que par des bactéries", note Sylvain Bernard.

Pour identifier ces fragments de protéines, les chercheurs ont utilisé le rayonnement synchrotron, un accélérateur de particules qui mesure l'absorption des faisceaux de rayons X par la roche. Ce qui leur a permis de mettre en évidence la préservation moléculaire exceptionnelle de certains micro-fossiles (ceux qui ont été exposés à 150°C au moins au cours de leur histoire).

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

CNRS

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