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EDF expérimente une centrale thermique hybride charbon-bois

En France, EDF tente une expérience inédite : faire fonctionner sa centrale thermique de Cordemais grâce à du charbon vert, un matériau produit à partir de déchets végétaux. Si l’expérience est concluante, elle ouvrirait de nouvelles perspectives pour les centrales thermiques en France et dans le monde. A l’heure de la transition énergétique, on ne peut plus dire que le charbon a sa place parmi les sources d’énergie d’avenir. Même s’il représente encore, à l’échelle mondiale, un peu plus de 25 % des ressources électriques, sa part dans le mix énergétique global est appelée à diminuer drastiquement dans les années à venir.

En France, le charbon a déjà presque disparu du paysage énergétique. EDF ne compte plus que deux sites qui fonctionnent au charbon dans l’hexagone, dont une seule centrale de production : celle de Cordemais. La centrale thermique de Cordemais, située en Loire Atlantique, a été construite en 1970 et sa fin est déjà programmée pour 2018. A cette date, ses deux unités de production devront stopper car elles ne répondent plus aux normes françaises en ce qui concerne les émissions de C02. Pourtant, EDF ne compte pas abandonner la partie : l’électricien veut tester un nouveau modèle de fonctionnement basé sur la co-combustion du charbon et d’une biomasse qu’on surnomme le « charbon vert ».

L’expérience est menée sur les deux unités de production du site. Le but : atteindre les 600 MW en utilisant un matériau propre pour remplacer au maximum le charbon, jugé trop polluant. Ainsi, la centrale pourrait fonctionner normalement tout en répondant aux normes environnementales en vigueur. Pour réaliser un tel projet, EDF a dû se lancer dans des travaux de grande envergure : 350 millions d’euros ont été nécessaires pour rénover les infrastructures et les mettre aux normes. Depuis l’année dernière, les travaux sont terminés et le programme pilote a donc commencé sur les deux unités de production qui fonctionnaient seulement au charbon jusqu’à aujourd’hui.

Ce combustible "vert" est l’alternative idéale au charbon car il présente à peu près les mêmes propriétés, ce qui facilite une production en co-combustion. Par ailleurs, sa valeur énergétique s’approche assez de celle du charbon pour être une alternative viable dans la production d’énergie. Au début des tests, EDF a fait fonctionner la co-combustion en mélangeant le charbon avec des pellets. Cette biomasse se présente sous la forme de granulés de sciure de bois qui ont été torréfiés et produits par vapocraquage. Les pellets utilisés ont été importés de Norvège, ce qui s’est avéré coûteux (le coût de revient de la biomasse était trois fois supérieur à celui du charbon), notamment à cause du transport, et a soulevé des questions quant à l’approvisionnement en biomasse.

Afin d’envisager une production viable, il faut réguler les coûts de production et rester rentable. La stratégie privilégiée par EDF est donc d’opter pour un autre type de biomasse, local cette fois, afin de limiter les coûts. C’est dans un laboratoire de recherches techniques faisant partie de l’université de Nancy que l’alternative a été mise au point. Les scientifiques ont utilisé des déchets verts qu’ils ont ensuite traités grâce à l’explosion de vapeur. L’expérience s’est avérée concluante : la production en grande quantité est possible et peu coûteuse. Surtout, la valeur énergétique de ce nouveau matériau d’origine naturelle est proche à 80 % de celle du charbon.

Avec ce modèle innovant, EDF espère bien réussir son pari du charbon vert et séduire les politiques. D’autant que l’expérience pourrait intéresser beaucoup d’autres pays dans le monde cherchant une solution pérenne pour leurs centrales thermiques encore en activité. Du stricte point de vue énergétique, la solution de la co-combustion offre l’assurance d’un rendement électrique égal à celui qu’il était en mode 100 % charbon.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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