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De la vapeur d'eau détectée sur une exoplanète

Une équipe de Français et de Britanniques affirme avoir détecté de la vapeur d'eau dans l'atmosphère de l'exoplanète découverte en 2005. Lorsqu'une équipe menée par l'Observatoire de l'UNIGE a découvert l'exoplanète HD 189733b, en octobre 2005, la communauté scientifique s'est tout de suite enthousiasmée. Très grosse et très lumineuse, relativement proche de nous, elle est parmi les exoplanètes les plus faciles à étudier. Les résultats n'ont pas manqué: des traces de vapeur d'eau ont été détectées dans son atmosphère. Une première en matière d'exoplanète, relève Nature qui publie l'étude signée par des Britanniques et des Français. A Genève pourtant, les leaders de la traque des planètes extrasolaires sont curieux de connaître les détails de ce résultat.

HD 189733b, située à 63 années-lumière, et dotée d'une masse 380 fois plus importante que la Terre, est une exoplanète gazeuse, classée dans la catégorie des «Jupiter chauds». Très proche de son soleil, elle est brûlante, autour de 1700 degrés.

Autre caractéristique, rare mais essentielle pour l'étude de son atmosphère, l'exoplanète transite, c'est-à-dire que, vue de la Terre, elle passe exactement devant son étoile. Du coup, l'intensité de cette dernière baisse d'environ 3 %.

Analysant les données récoltées par le puissant télescope spatial infrarouge Spitzer, de la NASA, les chercheurs ont estimé que, en passant devant son «soleil», l'exoplanète absorbe sa lumière d'une façon qui n'est explicable que par la présence de vapeur d'eau dans son atmosphère.

«L'an dernier, des Américains ont annoncé qu'ils ne voyaient pas d'eau sur cette exoplanète, rappelle l'astronome genevois Frédéric Pont. Ce genre de mesures et leurs analyses sont extrêmement difficiles.» Le débat est ouvert et n'est certainement pas clos. Du reste, le chercheur à l'Observatoire de Genève travaille actuellement sur d'autres données, «également très complexes», afin de déterminer la présence ou non de vapeur d'eau.

Eau ou pas eau, de toute façon cette exoplanète ne serait pas habitable: trop chaude et gazeuse. N'empêche, la présence d'eau reste une composante essentielle, avec une température clémente pour lui donner l'état liquide, pour le développement de la vie extraterrestre. La «Terre habitable», découverte en avril dernier toujours par l'Observatoire de Genève, ouvrait cette perspective. Beaucoup plus petite et moins lumineuse que HD 189733b, elle reste toutefois très difficile à étudier.

Le véritable intérêt de ce travail, outre le résultat, est la méthode. «L'important est que l'on ait réussi à faire ce type de mesures, confirme Frédéric Pont. La prouesse est surtout technique.» Dans les dix ans à venir, la méthode pourrait bien être employée pour un environnement favorable à la vie?

ESA

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